Le télescope spatial Euclid détecte 31 trous noirs supermassifs qui brillaient à l'aube de l'Univers

Le télescope spatial Euclid détecte 31 trous noirs supermassifs aux origines de l’Univers

Le télescope spatial Euclid a récemment identifié 31 quasars anciens aux confins de l’Univers, une découverte publiée en juillet 2026 par une équipe de l’université de Leyde. Parmi ces astres, deux brillaient alors que le cosmos n’avait que 5 % de son âge actuel, marquant une première pour les astronomes en matière de quasars aussi lointains.

Trente et un quasars anciens identifiés en moins de deux ans

Ces 31 quasars présentent un décalage vers le rouge variant entre 6,6 et 7,8, ce qui signifie que leur lumière a voyagé plus de 13 milliards d’années avant d’atteindre les capteurs d’Euclid. Douze d’entre eux affichent un décalage supérieur à 7, les plaçant dans les 770 premiers millions d’années de l’histoire cosmique, une période clé pour la formation des galaxies et des astres géants.

Deux de ces quasars battent des records : l’un a un décalage de 7,77 et l’autre de 7,69, surpassant le précédent record de 7,64 établi en 2021. Selon la revue Astronomy & Astrophysics, chacun de ces quasars émet autant d’énergie qu’un millier de milliards de soleils, rayonnant à une époque où l’Univers venait à peine de commencer.

L’équipe de recherche a scruté environ 3 000 degrés carrés de ciel entre février 2024 et août 2025. Sur 123 candidats détectés, la spectroscopie des instruments Keck et Magellan a confirmé les 31 objets. Auparavant, il avait fallu plus d’une décennie pour découvrir seulement neuf quasars aussi éloignés. Euclid a donc triplé ce catalogue en moins de deux ans.

Des trous noirs trop massifs pour leur époque

Les quasars sont parmi les sources les plus lumineuses de l’Univers, se formant lorsque gaz et poussière s’accumulent autour d’un trou noir supermassif au centre d’une galaxie. Cette matière, en se chauffant, libère une énergie capable d’éclipser l’ensemble de la galaxie. Cependant, les modèles actuels ne parviennent pas à expliquer la formation de tels objets massifs si tôt dans l’histoire cosmique.

Jusqu’à présent, les observations n’ont capté que les objets les plus brillants de cette époque, ce qui biaisait la compréhension de la population réelle de ces géants dans l’Univers jeune. Grâce à son large champ de vision et sa sensibilité dans le proche infrarouge, Euclid corrige cette lacune, détectant des sources plus faibles, dix à cent fois moins lumineuses, qui sont plus représentatives du cosmos primordial.

Des centaines de quasars anciens encore à portée d’Euclid

Ces 31 quasars ne représentent qu’une fraction du potentiel de la mission. Euclid est prévu pour couvrir plus d’un tiers de la voûte céleste durant ses six années d’opération. Ses capteurs, opérant dans le visible et le proche infrarouge, visent à créer la plus vaste carte tridimensionnelle jamais réalisée. Les scientifiques espèrent cataloguer des centaines de quasars anciens supplémentaires lors des prochaines campagnes d’observation.

En outre, le télescope ne se limite pas aux régions éloignées de l’espace. En juin 2026, il a capturé plus de 60 millions d’étoiles situées au centre de la Voie lactée, illustrant ainsi la polyvalence de l’instrument à différentes échelles. La poursuite de la mission devrait offrir un inventaire complet des trous noirs primordiaux et des galaxies qui les hébergeaient il y a plus de 13 milliards d’années.

Source : Astronomy & Astrophysics

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