Le télescope Euclid découvre 31 quasars anciens en une seule année
Le télescope spatial Euclid, lancé par l’Agence spatiale européenne (ESA), a récemment identifié 31 quasars parmi les plus anciens jamais observés, dont deux établissent un nouveau record de distance, datant de seulement 670 millions d’années après le Big Bang. Cette découverte double le nombre de quasars aussi anciens connus jusqu’ici, transformant une recherche qui prenait une décennie en une moisson d’une seule année.
Les quasars représentent une phase transitoire de la vie d’une galaxie, durant laquelle son trou noir supermassif central absorbe de grandes quantités de matière, émettant une énergie colossale. Trouver des quasars datant des premiers temps de l’univers est un défi, car ils sont rares et leur lumière se confond souvent avec celle d’étoiles plus proches.
Lancé en 2023, le télescope Euclid a permis de découvrir ces 31 quasars, dont 12 affichent un décalage vers le rouge de 7 ou plus, correspondant aux 770 premiers millions d’années du cosmos. Parmi eux, deux quasars, nommés EUCL J172902.75+641018.1 et EUCL J125308.55+705432.3, établissent des records avec des décalages vers le rouge de 7,77 et 7,69. Ils sont situés à plus de 13 milliards d’années-lumière et brillaient d’une luminosité équivalente à mille milliards de soleils.
Antonio La Marca, chercheur à l’ESA, souligne que cette découverte double le nombre de quasars aussi anciens connus. Il avait fallu plus d’une décennie pour identifier une dizaine de quasars à ce décalage vers le rouge, alors qu’Euclid en a trouvé davantage en une seule année.
Cette découverte ne se limite pas à un simple record de distance, mais offre également une ampleur statistique inédite. Jusqu’à présent, les astronomes ne détectaient que les quasars les plus brillants. Grâce à sa capacité à scruter de vastes zones du ciel tout en captant des lumières plus faibles, Euclid permet un véritable recensement des quasars à l’aube de l’univers.
Le deuxième quasar le plus ancien de ce lot est enfoui dans une galaxie poussiéreuse où se forment activement de nouvelles étoiles, offrant un aperçu de la galaxie hôte d’un trou noir supermassif primitif. Ces objets datent de l’époque de la réionisation, une période où l’univers est passé d’un état froid et obscur à un état chaud et ionisé.
Cette découverte repose sur les données du relevé Euclid Wide Survey, qui couvrira à terme plus d’un tiers du ciel.
Source : SciencePost
