Le télescope spatial Nancy Grace Roman doit permettre d’observer l’Univers comme jamais auparavant. Dans cette mission de la NASA, le Laboratoire d’astrophysique de Marseille a joué un rôle déterminant.
Le télescope spatial Nancy Grace Roman, développé par la NASA, a décollé le 30 août de Floride. Ce télescope embarque une technologie conçue au Laboratoire d’astrophysique de Marseille (LAM), sous la tutelle du CNRS, du CNES et d’Aix Marseille Université.
Doté d’un champ de vision nettement plus large que ses prédécesseurs, le télescope Roman offre une précision infrarouge sans précédent. Il est capable d’observer des millions de galaxies en une seule prise de vue, permettant ainsi d’explorer l’Univers à une échelle inédite.
Les scientifiques espèrent que cet instrument permettra de mieux comprendre l’énergie noire, responsable de l’accélération de l’expansion de l’Univers, ainsi que de détecter des milliers d’exoplanètes dans notre galaxie, la Voie lactée.
Seize miroirs fabriqués par le laboratoire marseillais
Les chercheurs du LAM ont contribué à la conception du Coronagraph Instrument (CGI), l’un des deux principaux instruments embarqués. Ce dispositif masque la lumière des étoiles pour observer les planètes moins lumineuses qui les entourent. Il devrait permettre d’obtenir des images de planètes froides similaires à Jupiter, tout en fournissant des informations sur leur composition et leur formation.
Pour cet instrument, le LAM a fabriqué 16 petits miroirs paraboliques hors d’axe, polis avec une grande précision grâce à une technique développée avec le soutien du CNES. Ces optiques visent à observer des exoplanètes jusqu’à un milliard de fois moins lumineuses que leur étoile.
Arthur Vigan, chercheur CNRS au LAM, a déclaré : « Le coronographe de Roman ouvre une nouvelle ère pour l’imagerie des exoplanètes en atteignant des performances 100 à 1000 fois supérieures à ce qu’on peut faire actuellement depuis le sol. »
Le savoir-faire marseillais ne s’arrête pas aux miroirs
Les équipes du LAM participeront également au traitement des données spectroscopiques générées par le télescope, une expertise déjà acquise avec la mission Euclid, qui étudie également l’Univers.
Le télescope Roman travaillera en complémentarité avec James Webb et Euclid. En plus des découvertes sur les exoplanètes et l’énergie noire, cette mission est conçue pour préparer la prochaine génération d’observatoires spatiaux.
Pour les chercheurs marseillais, l’expérience acquise avec le coronographe de Roman pourra servir pour le futur Habitable Worlds Observatory de la NASA, une mission visant à approfondir l’observation de planètes en dehors de notre système solaire.
Cet article est basé sur des informations provenant de Made in Marseille.
