Ce sombre télescope de la NASA était un satellite espion : il part à la chasse à 100 000 planètes
Le télescope Nancy Grace Roman, qui doit être lancé le 30 août 2026, a un passé singulier. Initialement conçu pour des missions d’espionnage, cet instrument scientifique est désormais destiné à explorer l’univers et à détecter jusqu’à 100 000 exoplanètes.
Les optiques qui équipent aujourd’hui Roman ont été développées dans le cadre d’un programme de reconnaissance appelé Future Imagery Architecture, initié après les attentats du 11 septembre. Ce programme a engendré un dépassement budgétaire de 13 milliards de dollars avant que les équipements ne soient stockés pendant plusieurs années chez Exelis, à Rochester. En 2012, le National Reconnaissance Office a fait don de ces optiques à la NASA, permettant ainsi d’accroître les capacités du futur télescope.
Le télescope, initialement nommé WFIRST, devait avoir une optique deux fois plus petite que celle de Hubble. Grâce à ce don, l’observatoire de la NASA sera équipé d’un miroir de 2,4 mètres de diamètre, identique à celui de Hubble, mais avec une caméra couvrant un champ cent fois plus large.
La répétition générale avant le lancement a été réalisée récemment, incluant la mise sous tension du vaisseau et la simulation du ravitaillement du Falcon Heavy. Le lancement est prévu depuis le pas de tir 39A du Kennedy Space Center. Une fois en orbite, le télescope combinera deux techniques de détection : le transit planétaire et la microlentille gravitationnelle, ciblant le centre dense de la Voie lactée.
Actuellement, plus de 6 000 exoplanètes ont été confirmées par divers observatoires, mais la NASA espère que Roman permettra de découvrir jusqu’à 100 000 nouvelles exoplanètes, augmentant ainsi considérablement notre compréhension de l’univers.
Source : NASA



