On ne se rend pas compte à quel point ça peut changer sa vie : le Service Civique, bien plus qu’une étape pour Léa, jeune diplômée
Publié le 12/06/2026 à 06h00
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De septembre à avril, Léa a effectué un Service Civique à L’Arche d’Aigrefoin, une association dans les Yvelines qui soutient des personnes en situation de handicap mental. Chaque année, ce dispositif permet à près de 150 000 jeunes de 16 à 25 ans de s’engager dans des missions d’intérêt général. Léa témoigne de son expérience à l’occasion de la journée nationale du Service Civique.
« Je voulais faire une pause entre la vie étudiante et la vie professionnelle, et profiter de ce temps-là pour réfléchir à mes envies, à mes choix et à qui j’étais, » déclare Léa, 24 ans, diplômée d’une école d’ingénieur à Polytech Paris-Saclay. En cherchant sur le site du Service Civique, elle découvre l’association l’Arche d’Aigrefoin. « Je ne connaissais pas du tout le domaine du handicap, et c’est justement ça qui m’a attiré. Je me suis dit, je vais apprendre des choses que je n’aurais jamais cru pouvoir apprendre, » confie-t-elle.
En novembre 2025, elle intègre l’ESAT de L’Arche d’Aigrefoin, un établissement médico-social qui accueille 80 personnes en situation de handicap mental, soutenu par une équipe de 50 salariés et 50 bénévoles. Une vingtaine de volontaires en Service Civique, comme Léa, participent à l’accompagnement des résidents.
Au cours de ces huit mois, Léa partage le quotidien des résidents et découvre une expérience qui transforme son regard sur le handicap. Elle débute au jardin maraîcher s’étendant sur près de 3 hectares, où elle travaille avec une quinzaine de personnes en situation de handicap mental. « Le but c’est de produire des fruits et légumes, » explique-t-elle.
Léa constate rapidement une évolution dans sa perception du handicap. « Au début, je me disais que c’était vraiment difficile pour eux, mais en discutant avec eux, j’ai réalisé que leur handicap n’était pas un problème. Les défis qu’ils rencontrent sont souvent d’un autre ordre, » souligne-t-elle.
Au fil de son engagement, elle prend conscience des discriminations envers les personnes handicapées, notamment le validisme qui valorise la norme des personnes valides. « Il y a beaucoup de personnes handicapées qui ne savent pas lire. Dans notre société, on suppose que tout le monde sait lire et écrire, alors que ce n’est pas le cas. Il faudrait des pictogrammes pour faciliter leur vie, » ajoute Léa.
Cette expérience lui a également permis de tisser des liens forts avec les résidents. « Dès le deuxième mois, tout le monde était déjà super sympa avec moi, et ça m’a beaucoup touchée, » se souvient-elle.
Après cette expérience, Léa envisage de retourner dans le monde du travail avec des attentes renouvelées. « Je souhaite toujours travailler dans l’ingénierie, mais j’ai découvert que les fonctions plus proches du client m’intéressent davantage, » conclut-elle.
Sa vision du Service Civique a également évolué. « Je pensais que c’était juste pour ceux qui ne trouvaient pas de travail. Mais c’est vraiment une belle expérience personnelle plus que professionnelle, on ne se rend pas compte à quel point ça peut changer sa vie, » constate Léa.
L’association de l’Arche des Yvelines, fondée en 1981, fait partie des plus anciennes de France. Elle fait partie d’un réseau mondial de 156 communautés, dont 40 en France, qui accueillent près de 2 000 personnes en situation de handicap mental.
Source : France 3 Régions
