Le Secours populaire du Cher refuse les vêtements trop abîmés
T-shirts tachés, chauss trouées, vêtements jaunis ou moisis… Au Secours populaire du Cher, jusqu’à 80 % des vêtements donnés seraient aujourd’hui inutilisables. Face à l’accumulation des déchets, l’association a décidé de renforcer le tri et de rendre aux donateurs les vêtements qui ne peuvent pas être réemployés.
Les bénévoles du Secours populaire ne souhaitent plus recevoir des vêtements trop abîmés, sales ou impossibles à porter. Dans les locaux, les sacs s’accumulent. Au milieu des vêtements destinés au réemploi, certains sont en si mauvais état qu’ils finiront à la poubelle. Christian Labène, secrétaire général adjoint de l’association, souligne que « toutes les affaires qui sont triées et qui ne sont pas réutilisables vont partir aux déchets ».
La situation s’est détériorée ces dernières années. Labène constate qu’alors qu’il y a dix ans, seulement 20 % des dons étaient mis au rebut, ce chiffre a grimpé à 80 % aujourd’hui. Cette évolution est en partie attribuée à l’essor de la revente entre particuliers, poussant les donateurs à se débarrasser de ce qu’ils ne peuvent pas revendre.
L’association ne dispose plus d’un relais qui récupérait une partie des vêtements dans la Nièvre, ce qui limite ses options de stockage et d’évacuation. En conséquence, les dons seront désormais examinés dès leur arrivée. « Tout ce qui n’est pas correct, ce sera retour directement aux donateurs », prévient Labène. Les vêtements doivent être propres, lavés et en bon état.
Malgré ces nouvelles règles, certains donateurs continuent de laisser des sacs devant les locaux, parfois lorsque l’association est fermée. Labène témoigne : « Quand on arrive le matin, on peut trouver de tout, y compris des matelas moisis et des meubles cassés. »
Les bénévoles sont souvent confrontés à des réactions déconcertantes de certains donateurs qui estiment que ces vêtements sont encore utilisables. Labène rappelle que la mission de l’association est de redistribuer des vêtements en bon état aux bénéficiaires, contribuant ainsi à financer d’autres actions de solidarité. Actuellement, le Secours populaire du Cher aide environ 75 familles chaque semaine pour l’aide alimentaire.
Cependant, entre 5 et 10 tonnes de vêtements pourraient être jetées. Labène exprime sa tristesse face à cette situation : « On a le sentiment de ne pas pouvoir remplir notre rôle envers les bénéficiaires. » Il appelle donc les donateurs à « arrêter de donner ce qui n’est pas mettable ».
Source : France 3 Régions
