Les réseaux sociaux rendent les enfants malheureux : le Royaume-Uni va les interdire aux moins de 16 ans
Le Premier ministre britannique, Keir Starmer, a annoncé vouloir faire adopter une loi interdisant l’accès aux réseaux sociaux aux mineurs de moins de 16 ans. Cette initiative, prévue pour être adoptée « avant Noël », suit les exemples de l’Australie et de l’Indonésie.
Starmer a déclaré que « les réseaux sociaux rendent les enfants malheureux » et qu’ils facilitent le harcèlement et les abus. Il a précisé que la loi devrait entrer en vigueur « au début de l’année prochaine, probablement vers le printemps ». L’interdiction concernera des plateformes telles que Snapchat, TikTok, YouTube, Instagram, Facebook et X, mais pas les applications de messagerie comme WhatsApp et Signal.
Cette décision fait suite à une consultation nationale lancée en janvier, qui a recueilli environ 116 000 contributions, devenant la deuxième plus large de l’histoire du pays. Selon Downing Street, plus de 83 % des parents ayant répondu ont affirmé que les risques des réseaux sociaux l’emportaient sur leurs avantages pour les enfants, tandis que 91 % soutiennent un âge minimum de 16 ans pour l’accès à ces plateformes.
Lisa Nandy, ministre de la Culture, a reconnu que l’interdiction des réseaux sociaux n’était pas « une solution miracle » et qu’il existait un risque que les enfants « contournent » la loi. Starmer a ajouté que le gouvernement prendrait « des mes inédites à l’échelle mondiale » concernant les plateformes de jeux vidéo et de streaming.
Cette initiative suscite des réactions mitigées au sein des familles et des associations. Ian Russell, dont la fille Molly s’est donné la mort à 14 ans après avoir visionné des contenus inappropriés, s’oppose à une interdiction, tandis qu’Esther Ghey, mère de l’adolescente transgenre Brianna Ghey, tuée en 2023, y est favorable.
Le gouvernement a également demandé aux géants de la technologie, tels qu’Apple et Google, de déployer des outils bloquant l’envoi et la réception d’images sexuellement explicites par des mineurs dans un délai de trois mois, faute de quoi il légiférera.
Source : Télérama, avec AFP
