Après le débat économique au Medef, le RN se sent en difficulté et pourrit la rentrée avec l’interdiction du voile
Le Rassemblement National (RN) a réaffirmé sa volonté de verbaliser le port du voile islamique dans l’espace public, une annonce qui suscite de vives réactions tant à gauche qu’à droite. Hicham, infirmier libéral et auditeur assidu des Grandes Gueules sur RMC, a exprimé son mécontentement face à cette proposition, qualifiant la rentrée politique de « gâchée ». « On est tous en train de tomber dans le panneau. Une belle rentrée politique de merde. Le RN a réussi son coup », a-t-il déclaré.
Ce mercredi, Hicham a souligné que le débat organisé par le Medef, centré sur des sujets économiques tels que la production et l’industrie, avait mis le RN en difficulté. « Donc on remet une pièce dans le jukebox, islam, immigration, voile. », a-t-il ajouté.
Le RN envisage de pénaliser le port du voile islamique si le parti accède au pouvoir en 2027. Jean-Philippe Tanguy, député RN, a affirmé que « s’il y a des femmes qui portent le voile alors qu’il est interdit, elles auront une amende », en comparaison avec les sanctions pour le non-port de ceinture de sécurité en voiture. Marine Le Pen a également annoncé qu’elle soumettrait aux Français un référendum sur une « grande loi de lutte contre les idéologies islamistes », incluant la pénalisation du voile dans l’espace public.
Cette proposition n’est pas nouvelle pour Marine Le Pen, qui la soutenait déjà lors de sa première campagne présidentielle en 2012. Elle a réitéré son engagement lors du débat de l’entre-deux-tours face à Emmanuel Macron, affirmant qu’il s’agissait de « libérer les femmes » et de « faire reculer l’idéologie islamiste ».
Cependant, des voix au sein même du RN se montrent prudentes quant à l’applicabilité de cette me, soulevant des questions de constitutionnalité. Jordan Bardella, président du RN, a reconnu que « l’application est compliquée » et que « ça ne se fait pas du jour au lendemain ». Des experts comme Mathieu Carpentier, maître de conférences en droit public, doutent de la légalité d’une telle interdiction.
La gauche et la droite se sont également insurgées contre cette proposition. Jean-Luc Mélenchon l’a qualifiée « d’ignoble », tandis que Matthieu Pigasse a accusé le RN de créer une « police des religions ». La porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon, a souligné les doutes sur la constitutionnalité et l’applicabilité d’une telle me.
Edouard Philippe, candidat d’Horizons à la présidentielle, a plaidé pour le respect des lois existantes concernant l’interdiction du voile à l’école et du voile intégral, affirmant que le « principe de liberté religieuse » inscrit dans la Constitution ne devait pas être modifié « au fur et à me des envies des uns et des autres ».
Source : RMC

