Le Ritz Paris, symbole de l’hôtellerie de luxe sur la place Vendôme, attire des visiteurs internationaux.

Le Ritz Paris, la légende intemporelle de la place Vendôme

Le Ritz Paris : Légende de la Place Vendôme

Dominant la place Vendôme, le Ritz Paris est une institution, un repère du luxe et du raffinement à la française. Depuis son inauguration en 1898, cet hôtel a traversé les révolutions esthétiques, les crises historiques et les renaissances hôtelières.

C’est en 1898 que le rêve du Suisse César Ritz, en partenariat avec le chef Auguste Escoffier, voit le jour à Paris. Ils acquièrent l’ancienne propriété de l’hôtel de Gramont, située au 15 place Vendôme, et en confient la rénovation à l’architecte Charles Mewès. Le Ritz ouvre ses portes le 1ᵉʳ juin 1898, proposant pour la première fois dans un hôtel de la capitale des chambres équipées d’une salle de bain, de l’électricité et du téléphone.

Rapidement, l’hôtel de luxe s’impose comme le rendez-vous de l’élite du monde entier. Au fil du temps, il accueille des artistes, des chefs d’État, des écrivains, et devient un morceau de patrimoine vivant. À travers les guerres, les rénovations, les incendies et les restaurations, le Ritz a su se réinventer tout en conservant son âme.

De l’hôtel de Gramont à l’ouverture du Ritz

Le site du Ritz appartenait initialement à deux hôtels particuliers : l’hôtel de Gramont, construit en 1705, et l’hôtel Crozat, construit en 1703. À travers les 18ᵉ et 19ᵉ siècles, les propriétés changent de mains avec des usages variés allant de l’administration aux finances. En 1897, César Ritz et Auguste Escoffier achètent l’ensemble, et l’hôtel est inauguré dans les premiers mois de 1898.

À l’époque, le Ritz se distingue par ses innovations technologiques : il est l’un des premiers hôtels à offrir des commodités modernes jusque-là rares dans les hôtels européens.

L’époque des grandes heures artistiques

Le Ritz attire rapidement les grandes personnalités. Coco Chanel y établit sa résidence, et la célèbre Suite Coco est inaugurée en son honneur. L’écrivain Ernest Hemingway fréquente assidûment le bar, aujourd’hui devenu le Bar Hemingway. Marcel Proust écrit dans ses salons une partie de son chef-d’œuvre À la recherche du temps perdu. Les salons Marie-Antoinette, Cromwell et Vendôme deviennent des lieux de rendez-vous littéraires, diplomatiques et mondains.

L’hôtel accueille également des rois, des reines et des chefs d’État, et fait des apparitions dans la littérature et le cinéma, symboles de luxe et raffinement.

Occupation et intrigues pendant la Seconde Guerre mondiale

Pendant la Seconde Guerre mondiale, le Ritz est partiellement réquisitionné par les forces allemandes, le chef du Reich Hermann Göring s’emparant de la Suite Impériale. Cependant, la nationalité suisse des propriétaires joue un rôle dans le maintien d’une partie de l’activité hôtelière, l’hôtel étant parfois traité comme un « territoire neutre ».

Frank Meier, le barman du Ritz, aurait servi de relais discret pour la Résistance et les diplomates pendant l’Occupation. Après la Libération, le Ritz retrouve sa vocation hôtelière pleine et entière.

Des rénovations pharaoniques

Dans les années 1970, le Ritz connaît une période de déclin, sa clientèle vieillissant et l’entretien devenant coûteux. En 1979, il est racheté et une rénovation majeure est lancée entre 1980 et 1987 sous la direction de l’architecte Bernard Gaucherel. En 2012, le Ritz ferme pour la première fois de son histoire afin d’être reconstruit. En 2016, un incendie détruit partiellement les combles et la toiture, mais la restauration est menée à bien, et le 6 juin 2016, l’hôtel rouvre ses portes. Le nombre de chambres est réduit, passant de 159 à 142, afin d’augmenter l’espace des suites.

Une architecture entre passé et présent

La façade du Ritz conserve le dessin du 17ᵉ-18ᵉ siècle sur la place Vendôme, avec ses colonnes, ses frontons et ses balustrades, tous classés au patrimoine. Les suites prestigieuses, telles que la Suite Impériale et la Suite Elton John, rendent hommage aux grands noms qui y ont séjourné.

Le bar Vendôme continue d’accueillir le thé et les cocktails, tandis que le restaurant étoilé L’Espadon, autrefois sous l’égide d’Escoffier, mise sur une cuisine française raffinée. Le Ritz dispose également d’une école de gastronomie, l’École Ritz Escoffier, ouverte depuis 1988.

Malgré son refus de demander officiellement le label Palace, le Ritz Paris demeure un symbole du luxe à Paris, respectueux du passé et tourné vers le futur.

Source : Sortir à Paris

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