La collecte nous coûte énormément d’argent : Le Relais ferme 15 000 bornes de collecte de vêtements usagés en France

Le Relais est en crise. Ses coûts de ramassage des bornes de dépôts flambent avec la hausse du prix des carburants. L’organisme qui collecte et recycle les vêtements usagés vient d’annoncer la fermeture de 15 000 bornes en France, menaçant des dizaines d’emplois en insertion.

Karen Kocharian prend la route chaque matin pour vider les bornes du Relais, où chacun peut se débarrasser des vieux vêtements. « Il faut juste les déposer dans le container, après c’est nous qui collectons tout ça pour l’amener à Avignon », explique Karen, l’opérateur de tournée Le Relais Provence. Avignon est le point d’arrivée de tous les containers du sud de la France. Cependant, celui-ci ne sera plus collecté, tout comme d’autres bornes dans les Alpes-Maritimes et en Ardèche. En difficulté, Le Relais Provence a décidé de stopper le ramassage d’une borne sur dix.

« C’est une centaine de bornes que l’on va supprimer, et on va en supprimer un peu plus de 15 000 au niveau national », précise David Fillon, directeur Le Relais Provence. « La collecte nous coûte énormément d’argent, avec tous les problèmes géopolitiques actuellement, plus les augmentations de coût logistique, carburant, autoroute. le transport d’une façon générale, à un moment c’est problématique pour la trésorerie dans l’entreprise. »

Les coûts flambent, mais l’éco-contribution prélevée à l’achat de chaque vêtement, qui permet de rémunérer les opérations de tri, n’évolue pas. À Avignon, les 55 salariés de la coopérative s’interrogent sur l’avenir. « On essaie de rester positifs », confie Kevin Bailly, opérateur de tri. « Les inquiétudes, c’est la perte d’emploi, les premiers concernés seront les personnes en situation d’exclusion, donc les personnes en insertion. » Il ajoute : « Moi, ça fait 10 ans que je travaille ici, malgré mon CDI il y a quand même aussi une crainte de fermeture d’entreprise. »

En France, 60 emplois d’insertion seraient menacés. Cette situation est aggravée par la hausse des carburants, mais aussi par les nouvelles habitudes de consommation, notamment la ruée vers la « Fast Fashion », qui est difficilement recyclable. « La Fast Fashion aujourd’hui produit des vêtements portables très peu dans le temps, donc un surplus de collecte. et au bout d’un moment on n’a plus les capacités de tout trier, avec des vêtements en acrylique qui sont facilement recyclables, il n’y a pas de structures pour recycler ce type de vêtements, ni en France ni en Europe », note David Fillon.

Cette année, Le Relais devrait collecter 15 000 tonnes de textile en moins, dont 170 tonnes rien qu’en Provence.

Source : Article rédigé avec la collaboration de Frédéric Dotte, Pierre Jean Perrin, Laurent Verdi.

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