Entre fatigue, culpabilité et solitude, le quotidien d’une jeune mère
Béa vient d’accoucher de son deuxième enfant. Depuis cette naissance, son quotidien semble se resserrer autour d’une succession de gestes à accomplir et d’obligations pratiques. Elle trouve parfois un apaisement dans les centres commerciaux ou à la piscine municipale, mais ces moments ne suffisent pas toujours à contenir l’inquiétude qui l’accompagne.
La vie domestique prend une place envahissante. Béa nettoie, range, anticipe, se donne des consignes, pense aux factures, aux vêtements à réparer et aux invitations auxquelles il faudrait répondre. Dans ce flux continu, elle se montre parfois dure avec son fils aîné, âgé de quatre ans, et peine à évaluer ce qui relève de l’épuisement, de la culpabilité ou du besoin de contrôle.
Le roman s’attache à ces déplacements intérieurs, illustrant comment la maternité transforme la perception du temps, du couple et de soi. À travers plusieurs points de vue, Anne-Sophie Subilia met en scène une vie ordinaire traversée par des tensions discrètes, tout en offrant des instants de suspension : une image qui surgit, un détail qui retient l’attention, une phrase trouvée dans un travail de traduction. Ces brèches permettent à Béa de reprendre brièvement contact avec elle-même.
Les éditions Zoé proposent un extrait en avant-première de cette œuvre, qui souligne les défis émotionnels rencontrés par les jeunes mères.
Née en 1982 d’un père suisse et d’une mère belge, Anne-Sophie Subilia vit à Lausanne après avoir résidé à Berlin, Strasbourg et Montréal. Elle est notamment l’autrice de L’épouse, publié en 2022, pour lequel elle a reçu un Prix suisse de littérature et a figuré dans les sélections des prix Femina et Médicis. Son travail romanesque accorde une place importante à l’intériorité des personnages et à une écriture attentive aux mouvements de la conscience.
Source : Actualitté.
