Le projet fédéral de TGV s’invite dans la campagne électorale au Québec
Les chefs de partis politiques du Québec se sont réunis jeudi au siège social de l’Union des producteurs agricoles (UPA) à Longueuil, où l’opposition des agriculteurs au projet de train à grande vitesse (TGV) d’Alto a été au cœur des discussions.
Ce projet, commandé début 2025 par l’ancien premier ministre Justin Trudeau, vise à établir une liaison ferroviaire entre Toronto et Québec. Le tracé de 1000 kilomètres, qui devrait coûter entre 60 et 90 milliards de dollars, reste controversé, notamment en raison des incertitudes concernant les coûts d’exploitation.
Pour l’UPA, le projet suscite de vives inquiétudes. Les perspectives d’expropriation, surtout dans la région de Mirabel, où les souvenirs de la construction de l’aéroport demeurent douloureux, ainsi que l’enclavement de terres agricoles, sont des motifs de refus. Un représentant de l’UPA a déclaré : « Présentement, c’est pas un bon projet, c’est pas une bonne priorité. »
Les travaux devraient débuter en 2029 sur le tronçon Montréal-Ottawa, selon le cabinet du ministre fédéral des Transports. Tandis que des leaders comme Christine Fréchette (CAQ), Charles Milliard (PLQ) et Ruba Ghazal (QS) soutiennent le projet, Paul St-Pierre Plamondon (PQ) et Éric Duhaime (PCQ) se sont opposés.
Christine Fréchette a reconnu les réserves de l’UPA, soulignant l’importance de discussions pour atténuer les impacts négatifs. Elle a mis en avant les avantages économiques et environnementaux du projet. De son côté, Charles Milliard a affirmé son soutien au TGV, tout en reconnaissant les préoccupations agricoles, et a suggéré des modifications de tracé pour réduire l’impact sur les terres.
Ruba Ghazal, de Québec solidaire, a également exprimé son soutien, mais a insisté sur la nécessité de consulter Québec et d’adopter des mes atténuantes. En revanche, Paul St-Pierre Plamondon a affirmé que les priorités des Québécois ne devraient pas inclure un TGV, surtout à un coût aussi élevé, alors qu’il y a des besoins pressants dans d’autres domaines tels que les infrastructures scolaires et sanitaires.
Éric Duhaime a quant à lui critiqué le projet, le qualifiant d’« éléphant blanc » et a souligné le coût élevé pour les contribuables, appelant à une mobilisation contre le projet.
Source : Radio-Canada

