« Progressisme » : étendard ou épouvantail ?
Par Wolf Feuerhahn
« Progressisme » est un terme qui suscite des débats et des interprétations variées, oscillant entre éloge et critique. Son utilisation remonte à 1842, et son histoire révèle des tensions sur la scène politique française, marquée par des clivages idéologiques.
Au début de son premier quinquennat, Emmanuel Macron a souvent revendiqué le progressisme, notamment lors de son discours devant l’Assemblée nationale et le Sénat en congrès à Versailles, le 9 juillet 2018. Il y a présenté un panorama politique européen où le choix se résumait à deux options : le nationalisme ou le progressisme. Macron a affirmé que « la crise que nous traversons nous dit une chose : l’Europe des assis, l’Europe des assoupis est terminée », posant ainsi le progressisme comme une nécessité pour qui se veut républicain et démocrate.
Cette position s’inscrit dans un contexte où Macron, en mai 2017, s’était présenté comme un candidat capable de transcender le clivage traditionnel entre la droite et la gauche, réussissant à s’imposer face à Marine Le Pen au second tour des élections présidentielles.
Cependant, le terme « progressisme » se heurte à des définitions plus ancrées dans le clivage politique. Selon la 9e édition du Dictionnaire de l’Académie française, le progressisme est défini comme « qui croit au progrès de l’humanité et veut réformer en profondeur la société au nom de l’égalité et de la justice sociale ». Cette définition le positionne souvent en opposition au nationalisme et à des idéologies plus conservatrices.
En somme, le progressisme est à la fois un étendard pour certains, et un épouvantail pour d’autres, illustrant la complexité des débats politiques en France.
Source : AOC Media


