Le service public de la justice est avec les victimes, avec elles dans un océan de difficultés
Le ministre de la Justice a demandé de passer en revue 70 000 plaintes déposées pour des violences sexuelles sur des mineurs en France. Combien concernent les mineurs à Lille ? Est-ce réalisable ? Par qui ? Comment ? Avec quels moyens ? Les réponses de Samuel Finielz, Procureur de la République de Lille.
Depuis la découverte du corps de la petite Lyhanna, le 4 juin 2026, l’institution judiciaire est critiquée pour sa lenteur dans la prise en compte de la parole des victimes. Le principal suspect dans la mort de l’enfant n’a jamais été convoqué malgré plusieurs plaintes et signalements pour des violences sexuelles sur mineurs.
Le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, a demandé d’examiner en priorité les 70 000 affaires en souffrance concernant les mineurs avant le 14 juillet. Pour le parquet de Lille, cela représente environ 1 700 procédures actuellement en cours dans les services de police et de gendarmerie de l’agglomération.
Samuel Finielz a déclaré que cet objectif imposerait une organisation dédiée, car les magistrats de la section des mineurs et de la famille sont déjà surchargés. Cinq autres magistrats de la hiérarchie du Parquet de Lille seront mobilisés pour cette opération de criblage. Chaque officier de police judiciaire devra se présenter au tribunal avec au moins 70 procédures, et chaque magistrat examinera 70 dossiers par jour, accompagné d’un directeur de greffe et d’un attaché de justice.
Concernant la capacité à éviter d’autres affaires similaires à celle de Lyhanna, Finielz a souligné que la justice n’est pas infaillible et que des problématiques capacitaires pourraient se poser lors des phases d’investigation et de traitement des dossiers. Il a insisté sur le fait que le service public de la justice est engagé pour la protection des enfants et qu’il faudra affronter ensemble les difficultés rencontrées.
Samuel Finielz a conclu en affirmant que le service public de la justice est avec les victimes dans cet océan de difficultés, et que cela nécessite des moyens supplémentaires pour rendre une justice plus efficace.
Source : France 3 Régions.
