Le président tchèque ravive le débat sur l'euro

Le président tchèque ravive le débat sur l’euro

PRAGUE – Le président tchèque Petr Pavel a déclaré que la République tchèque devrait envisager d’abandonner sa monnaie nationale si celle-ci constitue un frein au développement économique et à l’influence européenne. Lors de la conférence reVize Česka à Prague, Pavel a plaidé en faveur de l’adhésion à l’euro, affirmant que cela permettrait à Prague d’avoir une voix plus forte au sein de l’Union européenne (UE).

« Si la couronne tchèque freinait notre développement, nous devrions renoncer à notre attachement à celle-ci », a-t-il déclaré. Il a souligné que l’économie tchèque étant étroitement liée à la zone euro, il serait plus judicieux de participer aux discussions décisionnelles plutôt que d’en être exclu.

Actuellement, la Tchéquie n’est pas représentée aux sommets de la zone euro, où les dirigeants des 21 pays de la monnaie unique coordonnent leurs politiques économiques. Pavel a également évoqué le lien entre la prospérité tchèque et une intégration européenne plus poussée, notant que « une République tchèque prospère ne peut véritablement exister que dans une Europe intégrée et forte ».

Cependant, cette position est contestée par le gouvernement eurosceptique, dirigé par le Premier ministre Andrej Babiš, qui a affirmé que l’euro représente une perte de souveraineté pour la Tchéquie. Ce désaccord met en lumière une division politique profonde, le pays n’ayant jamais fixé de date pour adopter l’euro, malgré son engagement lors de son adhésion à l’UE en 2004.

Une étude de l’institut de sondage tchèque CVVM a révélé que 66 % des citoyens tchèques s’opposent à l’adoption de l’euro, tandis que seulement 30 % y sont favorables. Les partisans de l’adhésion à la zone euro affirment que le scepticisme populaire est alimenté par une communication politique alarmiste.

Le débat sur l’euro a été ravivé récemment, notamment après l’adoption de la monnaie par la Bulgarie, portant à 21 le nombre de membres de la zone euro au sein des 27 pays de l’UE.

En comparaison, la Slovaquie voisine a adopté l’euro en 2009. Selon Radovan Ďurana, économiste slovaque, l’expérience slovaque montre un bilan mitigé, l’euro n’ayant pas protégé les citoyens de l’irresponsabilité budgétaire. Cependant, un sondage Eurobaromètre de 2024 indique que 82 % des Slovaques estiment que l’euro est bénéfique pour leur pays.

(Source : Euractiv)

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