Par Décret, Le Président Bassirou Diomaye Faye Force La Main à L’Assemblée Nationale
Un document vient de rebattre les cartes dans le feuilleton qui tient en haleine la classe politique sénégalaise depuis plusieurs jours. Le décret n° 2026-1530, signé le 24 août 2026 par le Président Bassirou Diomaye Faye, convoque l’Assemblée nationale en session extraordinaire. La session, prévue pour le 1er septembre à 10 heures, a pour ordre du jour unique la Déclaration de politique générale (DPG) du Premier ministre.
Le texte présidentiel, contresigné par le Premier ministre Ahmadou Alhaminou Mohamed Lô, stipule clairement dans son article 2 que « l’ordre du jour de la session extraordinaire porte sur la Déclaration de politique générale du Premier ministre ». L’article 3 précise également que la session sera close « dès l’épuisement de l’ordre du jour fixé à l’article 2 », laissant entendre que la DPG doit se tenir et s’achever au cours de cette même séance.
Ce décret s’appuie sur plusieurs textes de référence : la Constitution, la loi organique n° 2025-11 du 18 août 2025 portant Règlement intérieur de l’Assemblée nationale, ainsi que les décrets de nomination du Premier ministre (25 mai 2026) et de composition du Gouvernement (1er juin 2026).
Cependant, l’Assemblée nationale campe sur sa propre interprétation du Règlement intérieur. Le Bureau de l’Assemblée a publié un communiqué le 28 août, affirmant que la séance du 1er septembre ne pourra être consacrée qu’à l’ouverture de la session, au constat du quorum et à la levée de la séance. La date effective de la DPG, selon le Bureau, devra être fixée ultérieurement par la Conférence des Présidents.
Ce télescopage entre le décret présidentiel et la position du Bureau parlementaire soulève la question de la prérogative sur le calendrier de la DPG. Le gouvernement semble considérer que la convocation présidentielle suffit à fixer la session et la tenue de la Déclaration, tandis que l’Assemblée oppose son Règlement intérieur, qui confie à la Conférence des Présidents la compétence de fixer la date et les modalités des débats.
Ce conflit intervient dans un contexte déjà tendu. Nommé le 25 mai 2026, Ahmadou Al Aminou Lô devait, en vertu de l’article 55 de la Constitution, présenter sa DPG dans un délai de trois mois, une échéance qui a expiré le 25 août, sans qu’aucune date officielle n’ait été arrêtée. Le décret du 24 août semble donc être une tentative de l’exécutif de clore ce suspense en imposant un calendrier ferme. Toutefois, la réaction du Bureau de l’Assemblée démontre que le Parlement n’entend pas se laisser dicter le tempo.
Le président de l’Assemblée, Ousmane Sonko, a convoqué une réunion du Bureau ce vendredi. Bien que l’ordre du jour officiel mentionne de simples « informations », la question du calendrier de la DPG sera au cœur des discussions, dans un climat de défiance croissante entre la Primature et l’institution parlementaire.
L’issue de ce bras de fer déterminera si le 1er septembre sera le jour de la DPG d’Ahmadou Al Aminou Lô ou s’il ne s’agira que d’une simple formalité d’ouverture, renvoyant ce rendez-vous à une date encore inconnue.
Source : Décret n° 2026-1530.
