Voici le premier vaisseau spatial à propulsion nucléaire

Une première mission interplanétaire à propulsion nucléaire prévue pour 2028

Selon les annonces récentes de la NASA, une sonde nommée Space Reactor-1 Freedom (SR-1 Freedom) est programmée pour un lancement en décembre 2028 vers Mars. Ce projet marque une avancée significative dans l’exploration spatiale, car il utilisera un réacteur à fission nucléaire, une première pour les missions interplanétaires qui ont jusqu’à présent reposé sur des sources d’énergie chimiques et solaires.

Le vaisseau SR-1 Freedom a pour objectif de démontrer l’efficacité de la propulsion nucléaire dans l’espace lointain. La NASA prévoit que cette technologie permettra de réduire la durée des voyages, de transporter des charges plus lourdes et d’alimenter des missions énergivores au-delà de Jupiter, où l’énergie solaire devient insuffisante.

Francis Rocard, responsable des programmes d’exploration du Système solaire au Centre national d’études spatiales (CNES), souligne que cette initiative représente un tournant attendu depuis des décennies. Il note également que la fenêtre de lancement de 2028 est très rapprochée, après celle d’octobre 2026.

Le vaisseau bénéficiera d’une expérience accumulée, plusieurs de ses composants étant déjà en cours de construction. L’idée d’utiliser l’énergie nucléaire dans l’espace remonte aux années 1960, lorsque le président John F. Kennedy avait donné son feu vert pour des projets similaires.

Deux types de réacteurs nucléaires sont envisagés : les réacteurs thermiques, qui pourraient chauffer un gaz à des températures dépassant 4000 °C, et les réacteurs électriques, qui produiraient de l’électricité à partir de chaleur pour alimenter des moteurs ioniques. Ces derniers pourraient réduire le temps de trajet vers Mars à environ trois ou quatre mois, contre sept à onze mois actuellement.

Le programme de propulsion nucléaire a connu une interruption de près de 40 ans après des incidents dans les années 1960, mais a été relancé avec des initiatives récentes comme le projet Kilopower de la NASA.

L’expérience acquise avec SR-1 Freedom sera également utilisée pour construire une centrale nucléaire sur la Lune, prévue pour les années 2030, afin d’alimenter les bases lunaires du programme Artemis.

La mission SR-1 Freedom utilisera de l’uranium faiblement enrichi pour limiter les risques de prolifération. Le réacteur sera activé dans une orbite haute, 48 heures après le lancement, afin de minimiser les risques d’accident.

Cette mission, bien que principalement un démonstrateur, transportera une capsule contenant trois petits hélicoptères destinés à explorer la surface de Mars.

Source : Sciences et Avenir.

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