Au Cameroun, le poivre de Penja s’impose sur le marché international
Le poivre de Penja, cultivé au pied du Mont Koupé dans l’ouest du Cameroun, est devenu une épice prisée sur le marché mondial. Reconnu pour sa qualité exceptionnelle, il est le premier produit en Afrique à avoir obtenu le label IGP (Indication géographique protégée), témoignant de son savoir-faire traditionnel et de son enracinement culturel.
Chaque année, les habitants de Penja participent à la récolte de ce poivre, qui se distingue par ses grains verts et rouges, adaptés aux terres volcaniques et au climat tropical humide de la région. Christine Tsimi et Jean-Marie Sop, pionniers de cette production, rappellent que le poivre, une liane grimpante, a été importé par les colons dans les années 1950 avant d’être cultivé par les locaux après l’indépendance. La professionnalisation de la filière dans les années 2000 a conduit à une augmentation significative de la production.
Actuellement, le poivre de Penja se vend jusqu’à 150 euros le kilo à l’international, soutenant ainsi les moyens de subsistance de milliers de personnes. Le processus de production comprend des étapes minutieuses, telles que la fermentation en eau et le séchage au soleil, garantissant une qualité optimale. Plus de 300 tonnes de poivre sont exportées chaque année, avec une augmentation de 20 fois la production annuelle en une décennie.
Cette épice est non seulement appréciée à l’étranger, mais elle est également intégrée dans la cuisine locale. Marie Emene, connue sous le nom de Marie Poulet, utilise le poivre de Penja depuis plus de 50 ans et a même été récompensée pour sa cuisine à Marseille. Les consommateurs, qu’ils soient expatriés ou locaux, s’accordent à dire que le poivre de Penja offre une saveur unique, moins piquante mais plus aromatique que d’autres variétés.
Aujourd’hui, le poivre de Penja est reconnu comme l’un des meilleurs au monde, continuant de faire la fierté des producteurs camerounais.
Source : Franceinfo