Le Planning familial de Grenoble : 70 ans de combats et un appel à soutien
Né en 1956, le Planning familial de Grenoble célèbre son 70e anniversaire ce samedi 5 septembre. À cette occasion, des tables rondes et des animations sont organisées pour retracer l’histoire de l’association et rappeler ses luttes, notamment pour l’IVG, la contraception et les inégalités sexuelles.
Il y a 70 ans, sous le nom de « la maternité heureuse », le planning familial de Grenoble ouvrait ses portes, devenant le premier de France. À cette époque, la contraception était interdite et l’avortement clandestin. Le centre grenoblois offrait des consultations et délivrait des moyens de contraception malgré l’illégalité, permettant ainsi aux femmes de faire des choix.
Aujourd’hui, le Planning isérois est le plus important de France. Pour célébrer cet anniversaire, des événements se tiennent à la Correspondance, un tiers-lieu culturel à Grenoble. Léa Delahaye, chargée de la vie associative, souligne : « On a gagné des droits en 70 ans grâce au travail des militantes, mais il reste beaucoup à faire. C’est pourquoi nous avons organisé des tables rondes sur l’IVG et la sexualité, qui demeurent nos deux grands sujets. »
Bien que le droit à l’avortement soit inscrit dans la Constitution, l’accès à l’IVG présente encore de nombreuses difficultés. Raphaël Perrin, auteur d’une thèse sur le droit à l’avortement, fait état des obstacles persistants : « Aujourd’hui, la loi permet d’avorter dès les premiers signes d’absence de règles, mais des délais d’attente et des difficultés d’accès aux soins subsistent, affectant particulièrement certaines femmes. »
L’accès aux soins et à l’information varie également selon les contextes sociaux. Léa Delahaye précise : « Il y a encore beaucoup à faire pour améliorer l’accessibilité, en lien avec les inégalités sociales de santé et l’éducation à la sexualité. » Nolwenn, participante aux animations, ajoute que l’intégration des personnes LGBT reste une lutte urgente.
En plus de ces combats, le Planning familial fait face à des inquiétudes financières. Pour ses 70 ans, l’association souhaite rappeler qu’elle a besoin de soutien pour poursuivre ses missions. Léa Delahaye conclut : « Nous manquons de ressources financières pour continuer nos actions et offrir de meilleures conditions de travail à nos salariés, ce qui est essentiel pour un meilleur accueil dans nos centres de santé sexuelle. »
Sans nouvelles ressources, l’avenir du Planning familial pourrait être compromis, entraînant une réduction de ses activités dans les années à venir.
Source : France 3 Régions



