Confronté à un soutien public incertain, le Planning familial de Gironde se tourne vers les financements privés
En Gironde, le Planning familial a échappé in extremis à la suppression de sa subvention annuelle par l’Agence régionale de Santé (ARS). Le 17 juin 2026, son directeur avait annoncé que les actions de l’association étaient jugées « peu probantes » par l’ARS, sur la base d’une nouvelle classification des actions menées, controversée par de nombreuses associations. À ce moment-là, un tiers du budget de l’association et quatre postes étaient menacés. La mobilisation nationale, notamment à travers une pétition ayant recueilli près de 100 000 signatures, a conduit l’ARS à revenir sur sa décision et à maintenir son financement pour 2026.
Cependant, cette victoire met en lumière les difficultés croissantes du Planning familial à asr le maintien de ses subventions publiques. Annie Carraretto, coprésidente de l’antenne girondine, s’interroge : « Comment, dans ces conditions, asr une mission d’intérêt général ? »
Face à cette incertitude, le Planning familial explore depuis plusieurs années la possibilité de diversifier ses financements, notamment par le biais de partenariats privés. Les responsables de l’association expriment leur réticence à cette idée, craignant que l’image féministe du Planning soit associée à des structures aux valeurs opposées. « Il y a beaucoup de débats en interne, parce qu’on a longtemps pensé qu’on n’y aurait jamais recours », explique Carraretto.
Les dons financiers, matériels et le mécénat de compétences, qui bénéficient de déductions fiscales, permettent désormais au Planning national et à ses antennes locales de diversifier leurs sources de revenus. Ces financements proviennent principalement de fondations privées et de mutuelles, et soutiennent soit le fonctionnement général, soit des projets spécifiques. Sarah Durocher, présidente nationale du Planning familial, reconnaît que « ce n’est pas dans notre culture » mais que l’association a dû s’adapter.
En 2025, le mécénat a représenté 6 % des recettes du Planning familial national, selon son dernier rapport d’activité. Ce document annonce des partenariats avec la Fondation du Crédit mutuel, la Fondation des femmes, et la mutuelle des agents du service public. Certaines missions, comme le numéro vert sur la sexualité, la contraception et l’avortement, dépendent de ces nouveaux partenaires.
Cependant, la recherche de financements privés entraîne des démarches administratives chronophages. Les associations doivent multiplier les candidatures aux appels à projets, tout en continuant à gérer les exigences croissantes des financements publics. Anne Bory, sociologue spécialisée dans la philanthropie, souligne que « les financements publics prennent la forme d’appels d’offres, transformant les associations en prestataires », ce qui les empêche de se concentrer sur leurs missions principales.
La dépendance à des financements ciblés, souvent temporaires, fragilise l’équilibre global des associations. Pour le Planning, l’enjeu reste de trouver des soutiens à long terme, les subventions publiques étant jugées essentielles. Sarah Durocher insiste : « Notre objectif est de garder ces financements, on veut des engagements en ce sens. »
La situation est d’autant plus préoccupante dans un contexte de crise des finances publiques et de poussée politique conservatrice, comme en témoigne la récente décision du département de la Drôme de fermer sept centres de santé sexuelle.
Source : Planning familial

