905 affaires d’abus sexuels sur mineurs ressortent de l’oubli à Caen
C’est une rentrée marquée par la réévaluation de plaintes pour abus sexuels sur mineurs, après l’affaire Lyhanna. Le parquet de Caen a repris 905 dossiers laissés sans suite, qui avaient été reçus par les services de police et de gendarmerie, mais non portés à la connaissance des procureurs.
Ces dossiers, retrouvés dans les départements du Calvados, de la Manche et de l’Orne, ont été réexaminés durant l’été par les magistrats du parquet. Jean-Christophe Muller, procureur général de la cour d’appel de Caen, a expliqué que ce travail intensif a permis d’avoir une vision exhaustive des procédures liées à ces abus.
« Nous avons été chargés de répertorier 905 dossiers, ceux qui n’étaient pas dans nos radars. En plus des 1 719 dossiers déjà en cours, cela nous amène à un total de 2 600 plaintes ou enquêtes », a précisé Muller. Tous ces dossiers ont été minutieusement examinés pour déterminer la suite à leur donner, conformément à la directive du garde des Sceaux, Gérald Darmanin.
Cette réévaluation a déjà eu des conséquences notables : environ quarante ouvertures d’informations judiciaires et 18 placements en détention provisoire pour des personnes mises en cause. « Cela a permis de redynamiser les enquêtes et d’accélérer le traitement de certains dossiers », a-t-il ajouté.
Pour éviter que de telles situations ne se reproduisent, la traçabilité des plaintes est essentielle. « Il faut véritablement tracer ces procédures », a insisté le procureur. Cela implique une modernisation des systèmes informatiques et une meilleure dématérialisation des dossiers, ainsi qu’une fluidité accrue entre les services de police, de gendarmerie et les procureurs de la République.
Source : France 3 Régions
