Le Parlement allonge la durée de rétention des étrangers en situation irrégulière et jugés dangereux
Le 16 juin 2026, le Parlement français a adopté une proposition de loi visant à allonger la durée de rétention administrative pour les étrangers en situation irrégulière considérés comme dangereux. Ce texte a été approuvé par 345 voix pour et 177 contre, après un vote préalable au Sénat.
Cette me, critiquée par les partis de gauche, est défendue par la droite et le centre comme une réponse au meurtre de la jeune Philippine en 2024. Charles Rodwell, député Renaissance et auteur de la loi, a souligné l’importance de ce texte en mémoire de la victime, affirmant que sa famille réside toujours dans sa circonscription. Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nunez, a également salué cette initiative, la qualifiant de corrective face à des « dysfonctionnements objectifs » mis en lumière par ce drame.
Actuellement, la durée maximale de rétention administrative est de 90 jours, ou 180 jours pour les condamnés pour terrorisme. La nouvelle loi étend cette période à 210 jours dans des cas « exceptionnels », où les étrangers font l’objet d’une me d’éloignement et représentent une menace « réelle, actuelle et d’une particulière gravité » pour l’ordre public. Cette me ciblera notamment les étrangers définitivement condamnés pour des crimes passibles d’au moins cinq ans de prison.
Des critiques se sont élevées, notamment de la part d’Andy Kerbrat, député insoumis, qui a affirmé que cette loi n’aurait pas empêché le meurtre, puisque le suspect avait été relâché après 70 jours de détention. Le socialiste Romain Eskenazi a dénoncé un « coup de communication », tandis que des représentants de l’extrême droite ont soutenu la nécessité de ce texte.
En 2024, plus de 40 000 personnes ont été retenues dans des centres de rétention administrative, selon des associations qui dénoncent les conditions de vie dans ces établissements et l’inefficacité d’un allongement de la durée de rétention, les expulsions ayant lieu principalement dans les premières semaines de détention.
Source : Franceinfo
