Le Parlement adopte l'allongement de la durée de rétention pour les étrangers en situation irrégulière et jugés dangereux jusqu'à sept mois

Le Parlement adopte l’allongement de la durée de rétention pour les étrangers en situation irrégulière et jugés dangereux jusqu’à sept mois

Le 16 juin, l’Assemblée nationale a adopté une proposition de loi visant à prolonger la durée de rétention administrative pour certains étrangers en situation irrégulière et jugés dangereux, avec un vote de 345 voix pour et 177 contre. Cette me, critiquée par les partis de gauche, est présentée par la droite et le centre comme une réponse à des faits divers récents, notamment le meurtre de la jeune Philippine en 2024.

Cette décision fait suite à un vote du Sénat, qui a eu lieu le lundi précédent, et a été portée par l’élu Renaissance Charles Rodwell, soutenue par le gouvernement, la droite et le Rassemblement national. Le texte rappelle également le choc suscité par la mort de Lyhanna, 11 ans, et évoque la nécessité de tirer des leçons de ces tragédies.

Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a souligné que ce texte vise à corriger des « dysfonctionnements objectifs ». Le suspect du meurtre de Philippine, un Marocain, était sous le coup d’une obligation de quitter le territoire (OQTF) et venait de sortir de rétention au moment des faits.

Actuellement, la durée maximale de rétention est de 90 jours, ou 180 jours pour les personnes condamnées pour des actes de terrorisme. La nouvelle loi étend cette durée à 210 jours dans des cas « exceptionnels », lorsque les individus représentent une menace « réelle, actuelle et d’une particulière gravité » pour l’ordre public. Cette me concerne les étrangers définitivement condamnés pour des crimes punis d’au moins cinq ans de prison.

Charles Rodwell a déclaré que ce texte « trouve un juste équilibre entre la protection des libertés publiques et le renforcement de la sécurité des Français ». Le Premier ministre, Sébastien Lecornu, a également salué cette initiative, affirmant qu’elle répond à des préoccupations concrètes.

Cependant, des critiques se sont élevées, notamment de la part de l’insoumis Andy Kerbrat, qui a affirmé que cette loi n’aurait pas prévenu le meurtre de Philippine, puisque son présumé assassin avait été libéré bien avant l’échéance actuelle. De plus, des associations dénoncent les conditions de vie dans les centres de rétention, où plus de 40 000 personnes ont été retenues en 2024, et qualifient l’allongement de la durée de rétention d’inefficace.

Le texte prévoit également la création d’une « injonction d’examen psychiatrique » pour certaines personnes, ainsi qu’une « rétention de sûreté terroriste » pour ceux jugés à risque de récidive après une peine de prison.

L’extrême droite a exprimé son soutien à cette loi, arguant qu’elle répond à une nécessité croissante de sécurité publique.

Source : BFMTV

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