Le nombre de naissances en France atteint en 2025 son niveau le plus bas depuis 1942
La France connaît une baisse continue du nombre de naissances, atteignant en 2025 un seuil inédit depuis la Seconde Guerre mondiale. Selon l’Insee, 645 000 bébés sont nés cette année-là, ce qui représente une diminution de 2,1 % par rapport à 2024 et une baisse de 24 % par rapport à 2010, année marquant le dernier pic. Hors Mayotte, 635 343 naissances ont été enregistrées. Cette tendance s’inscrit dans un phénomène de long terme, amorcé il y a plus d’une décennie, qui ne montre aucun signe d’inversion. Les premiers mois de 2026 confirment cette tendance, avec 48 268 naissances en février, soit une moyenne de 1 724 par jour, en recul de 2,1 % sur un an.
Un solde naturel négatif, une première depuis la guerre
L’année 2025 marque également un tournant démographique significatif : pour la première fois depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, le solde naturel en France devient négatif, à ‑6 000. En effet, 651 000 décès ont été comptabilisés, soit une augmentation de 1,5 % par rapport à 2024. L’espérance de vie à la naissance continue cependant d’augmenter, atteignant 85,9 ans pour les femmes et 80,3 ans pour les hommes.
Une fécondité au plus bas depuis un siècle
L’indicateur conjoncturel de fécondité (ICF), qui me le nombre d’enfants par femme, poursuit sa chute : il s’établit à 1,56 en 2025, son niveau le plus faible depuis la fin de la Première Guerre mondiale. Cette baisse touche presque toutes les régions, à l’exception des Pays de la Loire et de La Réunion, où le nombre de naissances reste stable. La Martinique et Mayotte connaissent, quant à elles, une légère hausse de 1 % et 2 % respectivement.
Ce déclin est principalement attribué au recul de l’âge des mères au premier enfant. En 2025, 69 400 nouveau-nés ont une mère de moins de 25 ans, représentant 11 % des naissances, contre 111 400 en 2014, soit 14 %. Les naissances de mères de 35 ans ou plus restent stables, mais les projections de l’Insee anticipent une descendance finale de 1,93 enfant pour les femmes nées en 1990 et de 1,74 pour celles nées en 1995.
La France encore en tête en Europe
Malgré cette baisse, la France demeure l’un des pays les plus féconds de l’Union européenne. En 2024, 3,6 millions de bébés y sont nés, représentant une baisse de 19 % en dix ans. L’ICF moyen de l’UE est passé de 1,54 à 1,34 durant la même période. Avec un ICF de 1,61 en 2024, la France se classe au deuxième rang européen, juste derrière la Bulgarie (1,71). La baisse reste moins marquée dans des pays comme l’Allemagne ou la Grèce, tandis que ceux où l’ICF était déjà bas, comme l’Espagne ou Malte (1,01, le plus faible de l’UE), continuent de décrocher.
Malgré diverses mes destinées à relancer la natalité, telles que le congé de naissance, la France peine à inverser cette tendance. Le « réarmement démographique » souhaité par les autorités n’a, pour l’heure, pas produit d’effet notable.
Source : Insee
