En Syrie, le monastère de Saint Siméon porte les stigmates de la guerre et attend sa nécessaire restauration
Une équipe française d’archéologues s’est rendue sur le site byzantin abandonné de Saint Siméon, inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco, pour évaluer les dommages causés par treize ans de guerre et définir les interventions prioritaires pour sa sauvegarde.
Le monastère, situé dans la province d’Alep, fait partie des villages antiques du nord de la Syrie, surnommés les « villes mortes ». Ce site, inaccessible pendant le conflit, a subi des bombardements, des pillages et des fouilles sauvages. Micheline Kurdi, spécialiste du patrimoine archéologique, a documenté l’état des lieux et a prévu des interventions rapides. Elle a noté des dommages irréparables dans la partie sud-est du monastère, bien que l’église soit en bon état.
À l’intérieur, des arcs fissurés et des murs partiellement effondrés ont été observés. Selon le directeur du site, Abdel Jalil Arabi, entre 30 et 40 % du site a été endommagé, notamment l’arc ouest qui s’est effondré. La colonne de Saint Siméon, symbole de l’église, est toujours là, mais ses vestiges sont dispersés.
Le monastère a également été touché par une frappe en mai 2016, condamnée par l’Unesco, et a souffert d’un séisme meurtrier en février 2023. Ce site, construit à la fin du Ve siècle autour de la colonne de Saint Siméon le Stylite, a été un lieu de pèlerinage à l’époque byzantine.
Jean-Baptiste Faivre, chargé d’affaires français en Syrie, a souligné l’importance de ce patrimoine pour l’avenir économique et touristique de la Syrie. Il a annoncé une coopération entre la Direction générale des antiquités et des musées de Syrie et les institutions culturelles françaises pour aider à la restauration du site. Vincent Gelot, de l’OEuvre d’Orient, a exprimé l’espoir que les touristes et les pèlerins reviendront un jour sur ce site chargé de sens.
Source : Franceinfo
