« Je suis nettoyeur de scène de crime » : un métier méconnu
Baptiste Girardet, nettoyeur après décès, exerce un métier peu connu mais essentiel. Il intervient dans des lieux où des drames se sont produits, afin de remettre les espaces en état. « Au cinéma, on passe de la mort à l’enterrement sans transition. Dans la réalité, il y a une étape invisible : il faut nettoyer et décontaminer un appartement souillé », explique-t-il.
Son travail ne se limite pas à un simple nettoyage. Il implique une désinfection approfondie pour éliminer les risques sanitaires et rendre un espace habitable. Dans certains cas, cela nécessite le retrait d’éléments irrécupérables, tels que sols ou mobilier.
Les horaires de travail sont flexibles et s’adaptent aux besoins des familles ou aux contraintes judiciaires. « Une journée peut durer de douze à quatorze heures », précise Baptiste, qui souligne l’importance de ne pas être un obstacle supplémentaire pour les proches en détresse.
Les interventions peuvent être planifiées, notamment après un crime, ou urgentes, lorsque des proches souhaitent rapidement accéder au logement. Baptiste vise à soulager les familles, afin qu’elles n’aient pas à affronter cette tâche difficile elles-mêmes.
Son parcours est atypique. Ancien sapeur-pompier et spécialiste en police technique, il a été amené à se former au Canada, où une certification pour ce type de nettoyage est disponible. Il a ensuite fondé la structure Orizons après-vie, qui a évolué vers un modèle de franchise avec des adhérents en France et à l’étranger.
Pour former ces nouveaux nettoyeurs, Baptiste a mis en place un plateau technique en Île-de-France, permettant aux stagiaires d’apprendre dans des conditions réalistes. La formation dure douze jours. Actuellement, Orizons après-vie compte cinq adhérents, avec un salaire moyen de 2 000 euros net par mois pour les franchisés, bien que ce montant puisse varier.
Ce métier, bien qu’indispensable, reste dans l’ombre. Baptiste Girardet s’efforce de le faire connaître, révélant ainsi la réalité d’un travail souvent méconnu.
Source : Journal du Net
