De l’antiféminisme à l’extrême droite : « Le masculinisme est un bar à salade dans lequel influenceurs et politiques choisissent leurs objets de haine »
Le rapport récemment publié par la délégation aux droits des femmes du Sénat français met en lumière un phénomène préoccupant : la montée du masculinisme, perçu comme un mouvement antiféministe qui menace les droits des femmes et, par extension, les fondements de la démocratie.
Ce rapport de 291 pages, fruit de sept mois de travaux, a inclus une centaine d’auditions et des déplacements sur le terrain, notamment à Montréal, marquée par un attentat en 1989 lié à cette mouvance. Le document souligne que le masculinisme ne se limite pas à une simple tendance sur les réseaux sociaux, mais représente un véritable mouvement social et politique. Il est décrit comme un « poison » qui disqualifie la parole des femmes et alimente une misogynie violente.
Béatrice Gosselin, élue LR et coautrice du rapport, précise que le chemin vers le masculinisme n’est pas instantané : « On ne devient pas masculiniste du jour au lendemain ». Ce mouvement, souvent camouflé, se manifeste de diverses manières, notamment à travers une multitude d’influenceurs « mascu » qui prolifèrent en ligne.
Le rapport comporte également 24 recommandations visant à contrer cette menace, appelant à un « réveil des consciences » face à une idéologie qui pourrait potentiellement démanteler les droits acquis par les femmes.
Les réseaux sociaux sont particulièrement pointés du doigt pour leur rôle dans la radicalisation des discours et l’orientation des utilisateurs vers des contenus de plus en plus extrêmes, exacerbant ainsi le phénomène.
En conclusion, ce rapport constitue une première dans l’analyse politique de ce mouvement, appelant à une vigilance accrue pour protéger les droits des femmes et les valeurs démocratiques.
Source : Délégation aux droits des femmes du Sénat
