Le Liechtenstein, ce confetti conservateur où l’avortement reste tabou

Le Liechtenstein : un confetti conservateur où l’avortement reste tabou

Il n’y a pas grand-chose de remarquable dans l’itinéraire que prend le bus vert pomme reliant Sargans, dans le canton de Saint-Gall, à Vaduz, la capitale du Liechtenstein. En franchissant le Rhin, on ne rencontre ni douane, ni changement de paysage, de monnaie ou de langue. Une simple plaque et un drapeau bleu et rouge avec une couronne signalent que l’on a quitté la Suisse. Les touristes, notamment japonais et chinois, n’ont peut-être même pas remarqué le passage de la frontière.

Pour les femmes du Liechtenstein, ce passage peut être tout sauf anodin. Alors que l’avortement est légal en Suisse depuis 2002, jusqu’à la douzième semaine de grossesse, de l’autre côté du fleuve, cette procédure est pénalement répréhensible. Le Liechtenstein se positionne ainsi comme un confetti conservateur au sein d’une Europe majoritairement favorable à l’interruption volontaire de grossesse (IVG).

Ce contraste soulève des questions sur les droits des femmes dans cette monarchie constitutionnelle parlementaire, où les mentalités traditionnelles semblent encore prédominer. Les chiffres sont éloquents : le Liechtenstein figure parmi les derniers pays d’Europe à ne pas avoir légalisé l’avortement, laissant les femmes dans une situation précaire, souvent marquée par la peur et l’isolement.

Cette situation a suscité des initiatives visant à briser le tabou entourant l’avortement, mais le chemin reste semé d’embûches dans ce petit État, où les valeurs conservatrices continuent d’influencer les décisions politiques et sociales.

Source : Le Temps

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