Au zénith | Le charme du Lesotho

Au zénith | Le charme du Lesotho

Nous faisons un trek de quatre jours au Lesotho, dans le cadre d’un grand voyage en Afrique du Sud avec l’agence québécoise Karavaniers. À mon grand étonnement, c’est le petit pays qui me charme. Mais pourquoi ?

C’est peut-être à cause du paysage. Nous marchons dans un décor harmonieux de montagnes, de collines, de champs, où se succèdent de minuscules hameaux comptant une poignée de rondavelles. Il s’agit de huttes circulaires aux toitures pointues, parfois dotées d’une porte d’un beau bleu bien vif. Il arrive qu’on élève un drapeau à côté de la hutte : c’est pour le commerce. Un drapeau blanc indique qu’il y a de la bière disponible. Un drapeau jaune : des pommes de terre.

Le paysage se fait parfois accidenté. Des cascades, de longues chutes dévalent à la verticale des falaises spectaculaires. À la fin de la journée, le soleil illumine les collines, les vallées et les hameaux d’une belle couleur dorée, et le paysage devient carrément spectaculaire.

C’est peut-être à cause des enfants et des chèvres. Les enfants, joyeux, nous accueillent à chaque hameau avec des rires et des jeux. Mais ils travaillent, parfois. Comme ce minuscule garçon qui surveille des dizaines de cabris enfermés dans un enclos. En fin d’après-midi, les chevreaux commencent à s’agiter et à chevroter ardemment. On entend alors des bêlements dans les collines, qui se rapprochent. Ce sont les mamans qui ont passé la journée dans les alpages et qui reviennent au bercail, au grand plaisir des cabris.

C’est maintenant un véritable concert dans le hameau, qui s’amplifie avec un âne qui se lamente ici ou là.

C’est peut-être à cause de la randonnée. Les chemins et les sentiers longent les champs à l’ombre des collines, nous permettant d’allonger le pas. Mais il y a aussi des canyons, dans lesquels il faut descendre en surveillant chaque pas. Il y a des rivières qu’il faut traverser à gué. Parfois, nous pouvons sauter d’une pierre à l’autre. Parfois, nous passons directement dans l’eau, ayant pris soin d’apporter des souliers aquatiques pour la chose.

Et puis, il y a des cols. La montée est longue. Nous ne sommes pas seuls. Une vieille dame peine à faire l’ascension, chargée des lourdes emplettes de la journée. Des membres du groupe lui donnent un coup de main.

Du haut du col, un nouveau paysage se dévoile, un peu différent, tout aussi harmonieux. En ce printemps austral, la température est parfaite pour la randonnée. Pendant la journée, il ne fait ni trop chaud ni trop froid. Ce n’est qu’une fois au hameau qui nous accueille pour la nuit que nous revêtons des vêtements chauds, car à cette altitude, la température chute dès que le soleil disparaît.

C’est peut-être à cause de la culture. Nous terminons le trek dans le village de Semonkong. Nous y rencontrons ’M’e Masetho, une dame qui nous fait une présentation sur les couvertures traditionnelles des Basothos, le plus important groupe ethnolinguistique du Lesotho.

Cette présentation nous ouvre la porte sur toute l’histoire et la culture du Lesotho. Le pays a longtemps gardé son indépendance grâce à sa géographie, un massif peu accessible. Il a été un protectorat britannique de 1868 à 1966, avant de regagner son indépendance, tout en demeurant dans le Commonwealth. Le petit pays est demeuré autonome face à l’Afrique du Sud et n’a donc pas connu l’apartheid.

Les couvertures que les hommes et femmes utilisent comme manteaux rappellent cette histoire, avec l’image des souverains les plus marquants du pays. Mais ces couvertures présentent aussi des motifs traditionnels, qui ont tous une signification bien précise et ont une grande importance dans la culture du pays. Chaque grand moment de la vie est marqué par l’obtention d’une couverture : la naissance, l’entrée à l’école, l’obtention de son diplôme, le mariage. La façon de porter la couverture donne également des indices sur le statut de la personne.

L’autre élément marquant de la culture du pays, c’est la place prépondérante du cheval. Dans ce pays de montagnes, aux sentiers et aux chemins parfois accidentés, c’est un mode de transport essentiel.

, le Lesotho a ses villes modernes, comme la capitale, Maseru. On y trouve des centres commerciaux dernier cri. Mais même dans ceux-ci, la culture s’exprime, avec des boutiques entièrement consacrées aux couvertures.

Source : La Presse

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