Le jeune Soleil aurait peut-être avalé une planète géante : voici ce que les modèles suggèrent
Il y a 4,6 milliards d’années, un nuage de gaz et de poussière s’effondre, donnant naissance à une étoile : notre Soleil. Les éléments restants, organisés sous la forme d’un disque protoplanétaire en rotation, s’agglomèrent progressivement pour former des noyaux planétaires, des planétésimaux, puis de jeunes planètes. Notre Système solaire est né.
Cependant, des modèles théoriques indiquent que le jeune Système solaire était probablement plus chaotique qu’aujourd’hui, avec des collisions et des migrations planétaires qui auraient pu modifier sa configuration initiale. De plus, les astrophysiciens font face à une énigme : les modèles du Soleil ne reproduisent pas parfaitement certaines propriétés mesurées du Soleil réel, notamment dans la région sous la zone de convection.
Cette zone est parcourue par des mouvements de convection, où le plasma chaud monte et le plasma refroidi redescend, s’étendant jusqu’à environ 0,713 rayon solaire. Les modèles standards placent cette limite légèrement trop loin du centre, autour de 0,72 rayon solaire. Ces décalages, bien que minimes, soulignent des lacunes dans nos connaissances.
De surcroît, le Soleil contient aujourd’hui beaucoup moins de lithium qu’à sa naissance. Cet élément est facilement détruit dans les régions très chaudes de l’intérieur solaire, et les scientifiques peinent à expliquer comment il migre vers ces profondeurs.
Une nouvelle étude propose une hypothèse : et si le Soleil avait englouti une planète au début de sa formation ? Cet événement aurait modifié la composition et la structure interne du jeune Soleil, expliquant les décalages observés. Des simulations numériques ont été réalisées pour tester cette hypothèse, et les résultats suggèrent qu’une planète, potentiellement une super-Terre pesant de 5 à 10 masses terrestres, aurait pu être absorbée. Cette planète aurait traversé les couches externes du jeune Soleil, conservant une grande partie de sa masse avant de se désagréger.
Les modèles indiquent la présence d’une région enrichie en éléments lourds sous la zone de convection, ce qui pourrait expliquer les anomalies entre les observations et la théorie. Toutefois, cette hypothèse reste à confirmer. Pour prouver que le Soleil a réellement englouti une planète, il faudrait identifier la signature précise laissée par un tel événement, ce qui n’est pas encore le cas.
Source : Futura Sciences

