Le Gulfstream IV fait son retour tant attendu au Lincoln Laboratory
Après sept années de modifications approfondies, l’avion Gulfstream IV (G-IV) exploité et entretenu par le MIT Lincoln Laboratory a récemment effectué son vol retour depuis le Canada. Cette transformation d’un jet d’affaires standard en une plateforme de recherche hautement spécialisée soutiendra le programme d’évaluation de la survivabilité des véhicules aériens (AVSE) de l’US Air Force pour les décennies à venir. Ce projet représente la plus grande et la plus complexe modernisation d’un banc d’essai aérien dans l’histoire du Lincoln Laboratory.
Le groupe Tactical Defense Systems, avec l’aide du Flight Test Facility (FTF), a coordonné cet effort avec la société aéronautique torontoise Field Aviation. « Notre équipe a effectué des centaines de voyages au Canada et a consacré d’innombrables week-ends à faire avancer le projet », a déclaré David Culbertson, responsable du FTF.
Depuis plus de 40 ans, le groupe Tactical Defense Systems soutient le programme AVSE, utilisant des bancs d’essai aériens pour évaluer la résistance des aéronefs et des actifs spatiaux américains face aux menaces actuelles et émergentes. Le groupe a mené des tests aériens avec un Gulfstream II (G-II) modifié depuis le début des années 1990. En 2013, des études ont été lancées pour remplacer le G-II en raison de problèmes de disponibilité des pièces, concluant que le G-IV était le meilleur choix en raison de ses performances et de ses capacités.
Le laboratoire a acquis le G-IV en 2015 et a décidé de réaliser toutes les modifications anticipées en une seule fois afin d’éviter de rouvrir le coûteux processus de certification de la Federal Aviation Administration (FAA) à plusieurs reprises. Après un processus d’appel d’offres compétitif, Field Aviation a été sélectionnée pour effectuer les modifications. Le G-IV a été transporté à Toronto en décembre 2018, où il devait rester environ trois à quatre ans.
Cependant, des perturbations liées à la pandémie de Covid-19 et des changements de gestion des contractants ont prolongé ce calendrier. Le laboratoire a alors pris en charge la supervision des modifications, de l’entretien et du réassemblage de l’avion, impliquant des ingénieurs, des mécaniciens, des pilotes et des équipes juridiques pour obtenir des permis de travail canadiens.
Pour modifier l’avion, les mécaniciens ont retiré, suivi et finalement réinstallé plus de 2 000 composants, intégrant 12 modifications majeures nécessitant des changements structurels importants. Par exemple, quatre pylônes ont été installés sur les ailes pour transporter des pods de capteurs externes pesant entre 200 et plus de 1 000 livres, et un cinquième pylône capable de supporter jusqu’à 2 000 livres a été ajouté à la partie inférieure avant du fuselage.
Les modifications ont également inclus l’installation de 14 racks d’équipement et des postes de travail pour six opérateurs à bord, ainsi que des systèmes de refroidissement et une infrastructure de distribution d’énergie dédiée. Un nouvel ensemble de puissance auxiliaire a été conçu pour répondre aux besoins énergétiques en vol, permettant ainsi d’opérer les systèmes de test tout en respectant les normes de sécurité incendie de la FAA.
Le retour du G-IV au laboratoire marque une étape significative dans l’évolution des capacités de recherche et de développement du MIT Lincoln Laboratory.
Source : MIT News.

