Il faudra l'aval de l'employeur ou de France Travail avant de suivre une formation: le gouvernement veut (encore) réformer le CPF et cela suscite déjà des remous

Réforme du CPF : Validation par l’employeur exigée pour chaque formation

Le ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou, a annoncé une nouvelle réforme du compte personnel de formation (CPF), qui nécessitera désormais l’aval de l’employeur, de l’Association pour l’emploi des cadres (Apec) ou de France Travail avant tout achat de formation. Cette me s’inscrit dans le cadre d’un effort de redressement des finances publiques du gouvernement, qui travaille sur son budget pour 2027.

Dans un entretien accordé aux Échos le 16 juillet, Farandou a précisé son intention de rendre l’utilisation du CPF plus stricte, malgré son rôle essentiel dans les reconversions professionnelles. Il a déclaré : « Le ‘P’ de CPF, nous voulons le changer de personnel en professionnel. » Cette reformulation vise à s’asr que chaque formation soit en adéquation avec les aspirations professionnelles des salariés et la réalité du marché.

Les syndicats, notamment la CFDT, s’opposent fermement à cette réforme. Dans un communiqué, ils ont souligné que soumettre l’utilisation du CPF à une validation préalable remettrait en question les accords nationaux interprofessionnels de 2013 et 2018, qui avaient pour but de donner aux actifs plus de liberté dans leur parcours professionnel.

Le secrétaire confédéral de la CGT, Denis Gravouil, a également exprimé ses préoccupations, qualifiant le droit à la formation d’ »une grande conquête » qui doit permettre aux salariés de choisir des formations en dehors des seules exigences de leur employeur.

Le gouvernement bénéficie toutefois du soutien des organisations patronales, qui estiment avoir investi considérablement dans le CPF. Un rapport du Sénat a révélé que la contribution des employeurs au CPF atteignait près de 11 milliards d’euros en 2025. Le coût total pour les finances publiques est évalué à 2,1 milliards d’euros par an depuis 2020.

Pour réduire ces dépenses, l’État a déjà mis en œuvre plusieurs restrictions concernant certaines formations, comme l’exclusion du permis de conduire du CPF, sauf pour les demandeurs d’emploi. Un décret de février a également plafonné à 1.500 euros les montants mobilisables pour des formations spécifiques.

Enfin, depuis avril, le reste à charge pour les actifs, soit la somme que ceux-ci doivent régler pour s’inscrire à une formation, a augmenté de 50 %, atteignant 150 euros.

Cette réforme suscite un débat intense, tant au sein du gouvernement qu’entre les différents acteurs du monde du travail.

Source : BFM TV

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