L’industrie musicale africaine : le « featuring », une stratégie d’expansion pour les artistes africains
Le « featuring », collaboration musicale entre artistes, s’est imposé sur les deux tiers des 120 000 titres qui sortent quotidiennement dans le monde sur les plateformes. Pour les artistes africains, cette stratégie représente un moyen efficace de s’implanter sur leur marché local tout en attirant des auditeurs au-delà des frontières.
En 2018, la star du coupé-décalé DJ Arafat a invité Gims, vedette en France, à poser sa voix sur son titre « Hommage à Jonathan ». Ce remix a propulsé la carrière de l’Ivoirien. Les collaborations avec des artistes de la diaspora, comme c’est le cas pour le Congolais Fally Ipupa, permettent d’accroître la visibilité et l’audience. Abel Nazer Ndoua, éditeur musical chez Orchard Sony France, souligne que Fally Ipupa a mis en place une stratégie d’internationalisation en collaborant avec des artistes français tels que Booba et Naza, ce qui lui permet aujourd’hui de remplir le Stade de France.
De Bandal au Stade de France
S’étendre à une aire linguistique différente est un autre défi relevé par la Nigériane Ayra Starr, grâce à un « featuring » sur « Hypé » avec la Française Aya Nakamura. Cette collaboration a permis à Aya Nakamura de gagner en notoriété au Nigeria et à Ayra Starr d’attirer les fans d’Aya Nakamura en France.
Cependant, le « featuring » a un coût. Dans les pays anglophones, les artistes invités se font généralement payer un cachet. En revanche, en France et dans d’autres pays francophones, le système diffère. Abel Nazer Ndoua explique que les artistes très connus comme Gims ou Aya Nakamura ne demandent pas de cachet, mais plutôt des pourcentages sur les revenus de royalties ou de droits d’auteur.
Cachets ou royalties
Le « featuring » est également un moyen pour les artistes de se démarquer dans leur propre pays, en s’associant à des stars locales. Par exemple, au Gabon, L’Oiseau rare a collaboré avec de nouveaux talents comme Le Petit Mandela et Démentos. De même, au Congo-Brazzaville, Mariusca la slameuse a travaillé avec Nestelia Forest dans « No Gwani ». Mariusca souligne que cette stratégie permet de bénéficier de la visibilité de l’autre tout en accédant à de nouveaux marchés.
Le plus gros « featuring » africain à ce jour est « Calm Down », sorti en 2022, où la chanteuse américaine Selena Gomez a collaboré avec l’artiste nigérian Rema. Ce titre, qui a atteint six fois le statut de platine aux États-Unis, cumule 2,16 milliards d’écoutes sur les plateformes.
Source : RFI



