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Le développement est-il universel ?

À partir des années 2000, l’anthropologie a connu un « tournant ontologique », selon Eduardo Viveiros de Castro. Ce courant se distingue par son accent sur le « point de vue du natif » et propose une alternative écologique au capitalisme, notamment à travers une écoute approfondie des sociétés amazoniennes. Cette thèse a contribué à l’émergence d’une écologie dite « décoloniale » en France, ainsi qu’à un regain d’intérêt pour l’animisme.

L’ouvrage en question retrace l’origine de ce courant, qui s’inspire également de penseurs comme Philippe Descola et Bruno Latour. Il met en lumière les critiques qui lui ont été adressées, notamment celles de l’anthropologue anarchiste David Graeber, qui a souligné son relativisme épistémologique et son conservatisme politique. Ce courant, souvent perçu comme incertain, rappelle l’écologisme antimoderne des années 1970 et a, par conséquent, marginalisé un autre courant classique de l’écologisme : la « critique du développement », représentée par Serge Latouche, Marshall Sahlins et Robert Jaulin.

Plus politique et moins relativiste, ce dernier courant, décrit par Andreas Malm comme étant moins « postmoderne », propose une perspective alternative dont l’ouvrage tente d’explorer les implications. Un pluriversalisme universaliste commence à se dessiner, inspiré notamment par le philosophe catalan Raimon Panikkar, dont les idées ont été popularisées par Serge Latouche en France au moment où le « tournant ontologique » prenait son essor.

Source : Cairn.info.

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