Le plus dur est de convaincre les armateurs : le détroit d’Ormuz se rouvre, mais TotalEnergies reste prudent
Invité de BFM Business lors des Rencontres économiques d’Aix-en-Provence le 4 juillet, Patrick Pouyanné, PDG de TotalEnergies, a affirmé que malgré la réouverture du détroit d’Ormuz, la diversification des sources d’approvisionnement en pétrole demeure une priorité.
L’accord préliminaire de paix entre l’Iran et les États-Unis, signé le 17 juin dernier, est perçu comme un signal positif pour le marché pétrolier. Cependant, Pouyanné a souligné que bien que des tankers bloqués aient pu sortir, le défi majeur réside dans la réassurance des armateurs, inquiets à l’idée de se retrouver de nouveau coincés.
« Mes équipes de trading sont en train de signer des contrats pour ramener des tankers dans le golfe, pour charger du brut en Arabie, au Qatar, en Irak, afin de rétablir le cycle d’approvisionnement », a-t-il précisé.
Les prix restent encore élevés
Selon le PDG, les prix des carburants devraient rester au-dessus de 1,90 euro le litre, au moins jusqu’à la fin de l’année. « Il faudra 30 à 40 jours pour amener le pétrole dans les raffineries et le transformer », a-t-il ajouté, notant également que les stocks sont bas. Actuellement, le prix du pétrole se situe entre 95 et 100 dollars le baril.
La réouverture du détroit d’Ormuz modifie aussi le système des marges pétrolières. Les armateurs, hésitants à revenir dans cette zone, entraînent une hausse des coûts. Cependant, les pays producteurs, désireux d’écouler leurs stocks, offrent des remises pour compenser ces surcoûts.
Outre le détroit d’Ormuz, Pouyanné a insisté sur l’importance de diversifier les sources d’approvisionnement. Même si le Moyen-Orient représente 15 à 20 % de la production de TotalEnergies, d’autres régions comme le Brésil, l’Angola, le Nigeria et la Namibie sont désormais prioritaires pour l’entreprise.
La Chine maîtrise-t-elle les prix du pétrole ?
Alors que le baril a atteint des niveaux records pendant la crise, Pouyanné a observé que la Chine, en réduisant ses importations de 35 %, a joué un rôle crucial dans la stabilisation des prix. « Le pays qui fixe le prix du pétrole en ce moment, c’est la Chine », a-t-il conclu.
Source : BFM Business