Le dérèglement climatique au cœur du cahier des charges du futur hôpital de Saint-Ouen
En 2019, les architectes chargés de la conception du futur hôpital de Saint-Ouen ont reçu une directive claire : élaborer un bâtiment capable de faire face aux scénarios les plus pessimistes du GIEC pour 2080. Jean-Baptiste Haguenmüller, directeur du projet de l’hôpital Grand Paris-Nord, qui devrait être achevé en 2032, a mis en avant plusieurs atouts bioclimatiques. Parmi ceux-ci figurent l’installation de 600 arbres sur le toit, des patios arborés, ainsi que l’utilisation de couleurs claires pour les façades, qui renvoient la chaleur. Ces choix de conception visent à réduire la chaleur solaire absorbée par le bâtiment jusqu’à 10%.
Le futur hôpital sera conçu pour maintenir une température intérieure de 26 degrés même lorsque les températures extérieures atteindront 40 degrés. Ces aménagements sont destinés à garantir de bonnes conditions de travail pour le personnel médical. Cependant, ces efforts se heurtent à des préoccupations concernant le nombre de lits disponibles pour les patients. Hakim Becheur, chef du service d’hépato-gastroentérologie à l’hôpital Bichat, exprime déjà des inquiétudes concernant la saturation potentielle de l’établissement. Il souligne que si tous les lits sont occupés, le fonctionnement du service pourrait devenir problématique, notamment en cas de crise sanitaire.
De plus, selon les syndicats, le futur hôpital Grand Paris-Nord devrait disposer de moins de lits d’hospitalisation que les deux établissements qu’il est censé remplacer, à savoir Bichat (Paris 18ème) et Beaujon (Clichy).
Source : Radio France
