Le Département de l’Yonne défend sa politique d’aide sociale à l’enfance face à des critiques.

Attaqué, le Département de l’Yonne défend sa politique d’aide sociale à l’enfance

Après la fin programmée du placement éducatif à domicile, les Départements sont contraints de réviser leur politique en matière d’assistance éducative et d’aide sociale à l’enfance. Dans l’Yonne, un appel à projets a désigné les nouveaux opérateurs habilités à mener ces actions, mais cette restructuration suscite des critiques.

L’Aide sociale à l’enfance (ASE), souvent considérée comme un parent pauvre des politiques publiques, est sous le feu des critiques. Un message viral en ligne, émis par Julien Jacquet, candidat du Parti socialiste à la dernière élection municipale de Sens, dénonce le lancement d’un appel à projets qui, selon lui, « sacrifie l’intérêt des enfants ». Il affirme que cela fait 15 ans que le Département « déconstruit méthodiquement » l’ASE, en favorisant de grandes structures nationales au détriment des associations locales.

En réponse, le Département de l’Yonne a publié un communiqué de trois pages, qualifiant ces critiques de « publications honteuses, orientées et polémiques ». Cette réplique s’inscrit dans un contexte juridique, suite à un arrêt de la Cour de Cassation en 2024 qui a reconsidéré le placement éducatif à domicile. Ce dernier n’est plus reconnu comme une me valable, et les Départements doivent désormais adapter leurs pratiques.

Quatre nouveaux opérateurs ont été retenus pour mener à bien l’accompagnement à domicile : la fondation La Vie au Grand air, l’ALEFPA, l’association Enfance et Jeunesse en Avallonnais et le groupement CIThéA. À partir du 1er octobre, ces acteurs seront chargés de réaliser jusqu’à 1 040 mes d’accompagnement à domicile, avec un plan de recrutement de 23,5 ETP prévu chez CIThéA.

Le Département souligne qu’actuellement, 2 587 enfants et jeunes majeurs bénéficient d’un accompagnement, représentant une dépense de fonctionnement de près de 80 millions d’euros, hors masse salariale.

Julien Jacquet a réagi à ce communiqué, affirmant qu’il ne répond pas au fond du problème, notamment le manque de places disponibles pour les enfants nécessitant un placement. Il a également exprimé son inquiétude quant à la réorganisation, qui pourrait laisser sur le carreau plusieurs structures historiques de l’Yonne, comme le Comité de protection de l’enfance de l’Yonne, qui aide plus de 1 500 mineurs chaque année.

Selon l’intersyndicale de l’aide sociale à l’enfance, une centaine d’emplois pourrait être supprimés, bien que le Conseil départemental estime que le plan de recrutement chez CIThéA constituera une opportunité pour les salariés concernés.

Contactés, ni Julien Jacquet ni le Département n’avaient répondu à nos sollicitations avant la publication de cet article.

Source : France 3 Régions

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