Le Conseil d’État confirme la fermeture d’une salle parisienne de gang bangs
Le 15 juillet 2026, le Conseil d’État a provisoirement validé la fermeture d’un établissement parisien, « La Fabrique », qui organisait des soirées de gang bangs, une pratique sexuelle impliquant une personne ayant des rapports avec un groupe d’hommes. Cette décision a suscité des réactions vives parmi les défenseurs des libertés sexuelles, qui estiment qu’elle porte atteinte à la vie privée des participantes et à leur droit de disposer de leur corps.
La fermeture de « La Fabrique » a été ordonnée par le préfet de police de Paris en janvier 2026, suite à des plaintes de riverains pour trouble à l’ordre public. Après un premier jugement en faveur du club, le ministère de l’Intérieur a fait appel, soutenu par plusieurs associations féministes et la ville de Paris. Le Conseil d’État a finalement annulé la décision de réouverture, affirmant que l’établissement portait atteinte à la dignité humaine des participantes, malgré leur consentement.
Il s’agit d’une première dans le cadre juridique français, où la dignité humaine est utilisée pour justifier la fermeture d’établissements proposant des pratiques sexuelles, rappelant la jurisprudence Morsang-sur-Orge de 1995 qui avait interdit les « lancers de nains ».
Le Conseil d’État a précisé que sa décision ne constitue pas une interdiction générale des soirées de gang bang ou du libertinage, mais concerne spécifiquement l’établissement en question et ses pratiques, qui incluaient des mises en scène d’agressions et de violences. La décision a été rendue en référé, ce qui signifie qu’elle n’est pas définitive et qu’un procès au fond est prévu devant le tribunal administratif de Paris.
Cette situation soulève des interrogations sur l’avenir des pratiques sexuelles marginales dans des espaces semi-privés et sur la portée des critères de dignité humaine appliqués à des activités consenties entre adultes. Le débat sur la protection des libertés individuelles face à une régulation perçue comme paternaliste est désormais ouvert.
Source : Conseil d’État, Marianne.
