Le comité du « non » critique l’initiative sur l’alimentation
Le comité du « non » à l’initiative sur l’alimentation a exprimé des réserves jeudi, qualifiant le projet d’irréaliste. Les représentants du comité estiment que l’objectif d’un taux d’autosuffisance alimentaire de 70% ne pourrait être atteint qu’avec des interventions significatives.
Lors d’une conférence de presse à Berne, les membres du comité ont affirmé que les objectifs de l’initiative nécessiteraient des mes drastiques. Ils soutiennent que le texte porterait atteinte à la liberté de choix des consommateurs en les orientant vers une alimentation principalement végétale. De plus, ils avancent que cela pourrait fragiliser la production locale, augmenter le coût des denrées alimentaires et favoriser le tourisme d’achat.
Le Conseil fédéral a également recommandé de rejeter cette initiative, soulignant que le taux d’autosuffisance alimentaire de la Suisse est actuellement de 46%. Selon lui, l’augmentation de ce taux dans un délai de dix ans, tout en respectant les objectifs environnementaux, n’est pas réalisable.
« Contrainte végane »
Des représentants du secteur agroalimentaire et de l’artisanat ont critiqué une possible augmentation de la bureaucratie et de l’ingérence de l’État. Fabio Regazzi, président de l’Union suisse des arts et métiers, a estimé que l’initiative privilégiait la réglementation étatique au détriment de la responsabilité individuelle, avec des conséquences s’étendant au-delà de l’agriculture, touchant de nombreuses PME de la chaîne alimentaire.
Céline Amaudruz, vice-présidente de l’UDC, a qualifié le projet de « contrainte végane » et a remis en question l’objectif d’un taux d’autosuffisance de 70%. Elle a également souligné que l’agriculture suisse est déjà parmi les plus durables au monde, une position partagée par Markus Ritter, président de l’Union suisse des paysans.
Intitulée « Pour une alimentation sûre – grâce au renforcement d’une production nationale durable, à davantage d’aliments d’origine végétale et à une eau potable propre », l’initiative sera soumise au vote le 27 septembre. Elle a été lancée par Franziska Herren, qui avait également proposé une initiative sur l’eau potable rejetée en 2021. Le Conseil fédéral a décidé de ne pas opposer de contre-projet.
Sources : ats/juma
