Décès de Tony Gatlif, cinéaste emblématique du cinéma français, à 77 ans
Le cinéaste Tony Gatlif, connu pour ses films explorant l’univers du peuple tsigane, est décédé à l’âge de 77 ans. Sa famille a annoncé qu’il avait succombé à un problème de santé à Arles, dans les Bouches-du-Rhône, alors qu’il travaillait sur un projet de film historique. Ils ont salué « sa générosité, sa joie, sa poésie et son amour de la musique ».
Gatlif, qui a réalisé une vingtaine de films, est particulièrement célèbre pour « Gadjo Dilo », sorti en 1997, qui met en lumière la musique tzigane. Son œuvre aborde des thématiques sociales, souvent enrichies de mélodies variées, comme le flamenco dans « Vengo » (2000) et la musique rebétiko dans « Djam » (2017).
La ministre de la Culture, Catherine Pégard, a réagi à sa disparition en soulignant son goût pour « les chemins de traverse, des frontières qui s’effacent, des vies que l’on regarde trop peu », ajoutant qu’il filmait « la musique, le mouvement, l’exil et la liberté avec une énergie qui n’appartenait qu’à lui ».
Né Michel Dahamani d’un père kabyle et d’une mère gitane d’origine andalouse, Gatlif a grandi dans un bidonville algérois avant de s’installer en France en 1960. Son parcours a été marqué par des difficultés, notamment une enfance difficile et un changement de nom à l’âge de 12 ans pour éviter d’être renvoyé en Algérie.
Son film le plus connu, « Gadjo Dilo », est un hommage poignant à la musique tzigane, décrite par Gatlif comme « une musique qui crie la peur et la douleur d’un peuple qui a mal à son âme ». Le film suit la quête d’un jeune Français, interprété par Romain Duris, à la recherche d’une chanteuse dans un camp tzigane en Roumanie.
Avec cette perte, le cinéma français perd une voix unique, dont l’œuvre continuera d’inspirer les générations futures.
Source : AFP

