Le cencengu, un symbole culturel au Burkina Faso
Dans l’est du Burkina Faso, le cencengu, un pagne traditionnel, joue un rôle essentiel dans la culture locale. Au centre de tissage de Fada N’Gourma, le bruit des métiers à tisser se mêle aux conversations animées des femmes qui travaillent. Salmata Ouoba, tisseuse, explique : « Je tisse un cencengu », illustrant ainsi l’importance de ce tissu dans la vie quotidienne.
Chaque jour, environ quatre-vingts personnes s’affairent à produire des pagnes, notamment le faso dan fani, un textile emblématique du Burkina Faso. Pagdi Ouali, la promotrice du centre de formation Divine Grâce, souligne que le cencengu est souvent le premier motif enseigné aux nouvelles tisseuses.
Un pagne pour chaque moment
Le cencengu est particulièrement significatif dans les rituels de la vie gulmancé. « Ce pagne accompagne les jeunes filles lors de la dot et est porté par les circoncis à leur sortie d’initiation », précise Ouali. En mars 2026, des membres de la délégation spéciale de Fada N’Gourma ont arboré le cencengu lors d’une session officielle, témoignant d’un regain d’intérêt pour ce tissu.
Noel Yempabou Combary, vice-président de la délégation spéciale du Conseil régional de l’Est, insiste sur la nécessité de promouvoir cette étoffe, considérée comme un patrimoine régional.
Un regain d’intérêt
Ce regain d’intérêt pour le cencengu est également observé par les tisseuses. Au centre de formation Divine Grâce, Ouali constate une augmentation des commandes, au point d’ouvrir une boutique à Ouagadougou pour vendre ses créations. « Avant, nous tissions surtout pour des cérémonies, mais maintenant, nous tissons quotidiennement », ajoute-t-elle.
Vers une codification
Face à cet essor, Combary plaide pour une codification du cencengu, afin de préserver son histoire et ses spécificités. Cette initiative vise aussi à lutter contre la contrefaçon dans un secteur en pleine expansion.
Le cencengu, sous la supervision de Pagdi Ouali, continue de prendre forme dans l’atelier, symbole d’une culture en mouvement et d’un patrimoine à valoriser.
Source : Courrier International
