Le Cameroun dévoile un plan de restructuration d’une filière or accusée d’opacité
Au Cameroun, le gouvernement a présenté le 15 juillet 2026 un plan de restructuration du secteur aurifère, en réponse aux critiques persistantes concernant l’opacité de sa gestion. Cette annonce a été faite par le ministre de l’Industrie, des mines et du développement technologique, Fuh Calistus, dont le ministère est souvent pointé du doigt par divers acteurs de la filière.
Lors d’une conférence de presse à Yaoundé, le ministre de la Communication, René Sadi, a souligné que le secteur minier, essentiel au développement du pays, traverse une période difficile. Il a insisté sur la nécessité d’une gestion plus transparente de l’or, déclarant : « L’abondance de nos richesses ne saurait en aucun cas justifier le désordre ou l’anarchie, voire la spoliation de nos avoirs communs. »
La gestion de l’or au Cameroun a été critiquée par de nombreuses ONG et médias, qui soulignent la porosité des frontières et le manque de contrôle sur la production, dont 90 % est semi-mécanique. Fuh Calistus a également déploré que des opérateurs déclarent de faibles quantités d’or, rendant difficile la régulation du secteur.
Le gouvernement a annoncé une série de mes pour restructurer le secteur, notamment la mise en place d’un prélèvement fiscal sur les sites d’extraction par la Société nationale des mines et douanes. Fuh Calistus a précisé que « la transparence, avec l’implication de plusieurs services, doit être engagée dans la collecte de l’or. » Il a ajouté que les producteurs d’or devront fournir un certificat d’exportation pour toute vente, sans quoi l’or sera saisi.
Cette restructuration pourrait permettre au secteur aurifère de générer plus de 1 000 milliards de francs CFA (environ 1,52 milliard d’euros) par an, dépassant ainsi les revenus du pétrole.
Cependant, des experts comme Bareja Youmssi appellent à un moratoire sur l’attribution des permis miniers pour évaluer correctement le sous-sol camerounais avant de poursuivre l’exploitation. Akere Muna, ancien vice-président de Transparency International, a également exprimé des préoccupations sur le manque d’enquêtes concernant les permis non conformes.
La coalition Publiez ce que vous Payez Cameroun demande aux autorités de publier la liste des véritables bénéficiaires des permis miniers, conformément aux normes de l’Initiative pour la Transparence dans les Industries extractives.
Source : RFI
