Le bruit routier affecte les relations humaines et la santé mentale, selon des études.

Le bruit routier responsable de difficultés émotionnelles et relationnelles ?

Le bruit routier responsable de difficultés émotionnelles et relationnelles ?

Une étude récente de l’Inserm et de Sorbonne Université met en lumière les effets néfastes du bruit routier sur le développement émotionnel des enfants. Selon cette recherche, une exposition résidentielle à des niveaux élevés de bruit routier durant les premières années de vie, jusqu’à l’âge de 5 ans et demi, serait associée à des symptômes internalisés plus élevés à l’âge de 10 ans et demi.

Le bruit environnemental est désormais reconnu comme un enjeu majeur de santé publique. Il est lié à divers problèmes de santé, notamment cardiovasculaires, métaboliques et mentaux. Une exposition aiguë au bruit peut perturber le sommeil et entraîner fatigue physique et mentale, ainsi qu’une réponse physiologique de stress, marquée par une augmentation des hormones telles que le cortisol.

Les enfants, en raison de leur développement physique et émotionnel, sont particulièrement vulnérables aux effets du bruit. Les transports, notamment le trafic routier, représentent l’une des principales sources de bruit auxquelles ils sont exposés quotidiennement. Contrairement aux bruits ponctuels, le bruit routier est souvent continu et difficile à éviter, surtout en milieu urbain.

Les chercheurs ont analysé les données de près de 8 000 enfants de la cohorte ELFE, suivis depuis leur naissance jusqu’à 10 ans et demi. L’exposition au bruit a été évaluée à différentes étapes de leur développement. Les résultats indiquent que les enfants exposés à un niveau de bruit routier supérieur ou égal à 60 dB(A) présentent des niveaux plus élevés de symptômes internalisés, notamment des difficultés émotionnelles et relationnelles.

Les chercheurs ont également observé que des expositions au bruit à des âges clés, notamment à 2 mois et à 5 ans et demi, sont particulièrement associées à des problèmes relationnels à 10 ans et demi. En revanche, aucune association significative n’a été trouvée pour le bruit aérien, tandis que le bruit ferroviaire a été lié à des niveaux moins élevés de symptômes internalisés, bien que cette association nécessite des études complémentaires.

Ces résultats soulignent l’importance de considérer le bruit routier comme un enjeu de santé publique. Des mes telles que l’aménagement urbain, la réduction du trafic et l’amélioration de l’isolation acoustique des bâtiments pourraient contribuer à diminuer l’exposition des enfants au bruit.

Résultats publiés dans The Lancet Public Health.

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