Une première dans l’histoire humaine : l’astéroïde Apophis visible à l’œil nu en France
L’humanité s’apprête à vivre un événement astronomique sans précédent. Le 13 avril 2029, l’astéroïde 99942 Apophis, mesurant environ la hauteur de la tour Eiffel, passera à seulement 31 600 kilomètres de la Terre, soit en dessous de la ceinture des satellites géostationnaires, qui se situe à 35 800 km d’altitude.
Lors d’un atelier scientifique intitulé « Apophis T-3 Years » qui s’est tenu en juin à l’université de Padoue, en Italie, le cartographe Michael Zeiler et l’astronome Rick Fienberg ont présenté des cartes de visibilité détaillées. Environ 90 % de la population mondiale, soit environ 7,6 milliards de personnes, réside dans des zones où l’astéroïde sera observable à l’œil nu, à condition d’un ciel dégagé et d’une pollution lumineuse modérée.
Un point lumineux, pas une boule de feu
Apophis ne produira pas de traînée spectaculaire. Il apparaîtra sous la forme d’un point lumineux discret se déplaçant dans le ciel, à une vitesse équivalente à celle d’un diamètre de pleine lune par minute, au moment de son passage le plus proche de la Terre.
La fenêtre d’observation à l’œil nu s’étendra sur sept heures, avec un pic de luminosité prévu vers 22h35 (heure de Paris) au-dessus du Cameroun, offrant un spectacle accessible à 3,9 milliards de personnes sur les continents africain, asiatique, sud-américain et dans certaines parties de l’Europe. L’approche minimale se produira vers 23h45 (heure de Paris) au-dessus de l’Atlantique Nord, alors que la France bénéficiera d’un ciel nocturne propice à l’observation.
Aucun danger, mais une aubaine scientifique considérable
Découvert en 2004, Apophis avait initialement suscité des inquiétudes au sein de la communauté scientifique, avec des estimations de probabilité d’impact de 1 sur 37. Cependant, deux décennies d’observations radar et optiques ont depuis écarté toute menace de collision pour au moins un siècle, selon la NASA. Richard Binzel, professeur de sciences planétaires au MIT, a clairement affirmé lors de l’atelier que « Apophis passera en toute sécurité ».
La gravité terrestre pourrait influencer l’astéroïde, provoquant des glissements de surface ou exposant des matériaux vierges. Deux sondes spatiales, OSIRIS-APEX de la NASA et RAMSES de l’ESA, seront présentes pour documenter cet événement unique.
Source : Les Numériques, NASA.
