Comète interstellaire 3I/ATLAS : Origines froides et anciennes révélées
Update (22 juin 2026) : La recherche évoquée ci-dessous est désormais publiée en ligne dans Nature.
La comète 3I/ATLAS, découverte le 1er juillet 2025, a été observée par le télescope Gemini Sud au Chili le 27 août 2025. Ce visiteur venu de l’extérieur de notre système solaire est l’un des rares connus, aux côtés de 1I/’Oumuamua et 2I/Borisov. Les astronomes ont rapidement collecté des données sur cette comète avant et après son passage près du Soleil, révélant qu’elle avait un parcours exceptionnellement long, probablement de plusieurs milliards d’années.
Un parcours exceptionnel
La comète 3I/ATLAS a traversé notre système solaire à une vitesse de 58 kilomètres par seconde (130 000 mph), avec une orbite hyperbolique indiquant une origine bien au-delà du nuage d’Oort. Les astronomes estiment qu’elle a voyagé dans notre galaxie pendant au moins 3 milliards d’années avant d’atteindre notre système solaire.
Martin Cordiner de la NASA a noté que les comètes interstellaires offrent une opportunité unique d’étudier les régions de formation des planètes dans d’autres systèmes stellaires. Son équipe a utilisé le télescope spatial James Webb pour analyser cette comète, avec des résultats préliminaires publiés sur le serveur de préimpression arXiv.
Observations et analyses
La taille de 3I/ATLAS, d’environ 1,3 kilomètres, a permis de la rendre bien plus lumineuse que ses prédécesseurs interstellaires. Elle a atteint une magnitude de 9 à son périhélie, le 30 octobre 2025, lorsqu’elle était au plus proche du Soleil (à 1,36 unités astronomiques de la Terre). Les observations ont révélé des caractéristiques intéressantes, notamment une concentration inhabituellement élevée de dioxyde de carbone et une faible quantité de vapeur d’eau, ce qui la distingue des comètes de notre système solaire.
Des observations post-périhélie ont montré une augmentation de la vapeur d’eau, mais la comète est restée différente de ses homologues solaires. Les données du télescope Webb ont également révélé des empreintes de molécules organiques telles que le méthane et l’éthane.
Origines anciennes et froides
L’équipe de recherche a détecté une quantité significative d’eau lourde, contenant de l’hydrogène lourd (deutérium). Ils ont découvert 30 fois plus d’eau lourde dans 3I/ATLAS par rapport aux comètes solaires typiques, et plus de 40 fois par rapport à l’eau des océans terrestres. Ces résultats, publiés dans Nature Astronomy, suggèrent que la comète s’est formée dans des conditions très froides, inférieures à 30 K (-406 °F), et dans un environnement pauvre en éléments plus lourds que l’hydrogène.
Les chercheurs émettent l’hypothèse que 3I/ATLAS pourrait avoir été formée dans les marges d’un système stellaire lors des premiers instants de la Voie lactée, avant d’être éjectée par des interactions gravitationnelles.
L’analyse de cette comète est encore en cours, et les astronomes continuent d’explorer les données collectées pour mieux comprendre son histoire.
Source : Nature.
