L’assurance doit devenir une industrie scientifique
L’assurance doit évoluer vers une approche scientifique pour mieux anticiper les risques, prévenir les dommages et renforcer la résilience des entreprises. Face à une pression géopolitique accrue, des menaces cybernétiques omniprésentes et des effets du changement climatique de plus en plus marqués, les asurs doivent intégrer pleinement la science dans leurs pratiques.
L’accélération de ce secteur repose sur la nécessité de revendiquer un rôle d’acteur scientifique. Sans une rigueur scientifique, il devient difficile pour les asurs de garantir une protection efficace dans un avenir incertain. L’intuition, les logiques financières et les modèles traditionnels ne suffisent plus, nécessitant un changement de nature plutôt que d’échelle.
Il est crucial de dépasser la fonction traditionnelle de l’asur, qui reste trop centrée sur une logique défensive liée aux aléas et aux dommages. Un modèle basé sur des approches scientifiques pourrait bénéficier à la fois aux asurs et à leurs clients, en révisant les fondations du secteur.
Les modélisations physiques, environnementales, économiques et énergétiques sont des outils qui permettront de préserver la continuité des activités et la compétitivité, au-delà de la simple indemnisation des pertes. À l’instar du domaine de la santé, où la prévention et la détection ont révolutionné les pratiques, la science peut renforcer la résilience face à des risques accrus.
Entre 2019 et 2025, la probabilité de réduction des sinistres pour les entreprises ayant mis en œuvre des mes de prévention scientifiquement éprouvées a progressé de 43%. Parallèlement, les inondations, la grêle et les incendies touchent l’Europe avec une intensité croissante.
Une étude sur la résilience menée auprès de 800 décideurs révèle que 74% d’entre eux sous-estiment leur exposition aux risques climatiques, ce qui accroît la vulnérabilité aux ruptures d’activité et aux dommages collatéraux.
Les avancées technologiques et les recherches de pointe permettront de construire des scénarios probabilistes réalistes, essentiels pour l’assurance et la société. En réponse aux risques systémiques, des centres de recherche ont été créés, avec un nouveau centre prévu pour 2027 en Europe.
Une question demeure : la science des données sera-t-elle un levier d’égalité ou un domaine réservé ? Si toutes les entreprises dépendent de ces données pour fonctionner, bénéficieront-elles toutes réellement de ces avancées ?
Trois risques principaux se dessinent :
- Des réflexes dépassés, incapables d’exploiter pleinement les données.
- Une concentration de l’expertise chez ceux qui investissent le plus.
- Une attention insuffisante à la qualité et à la résilience des données.
Les asurs jouent un rôle essentiel en tant qu’accélérateurs pour permettre à l’économie de tirer parti de la science des données. Cela nécessite un changement de paradigme, centré sur une nouvelle maîtrise et une nouvelle culture. Les ingénieurs seront au cœur de l’assurance de demain, apportant des solutions concrètes face aux vulnérabilités croissantes. Sans cela, le risque d’une économie à deux vitesses face aux aléas est réel.
En conclusion, il est impératif de considérer les asurs comme des acteurs scientifiques et technologiques au service de l’économie et de la vie. Cette transformation est essentielle pour asr la protection et la résilience nécessaires
Source : Étude sur la résilience, 2023.
