L’interdiction des portables au lycée « n’est pas souhaitable », selon la FCPE
À partir de la rentrée scolaire 2023, l’interdiction des téléphones portables sera étendue aux lycées, conformément à une loi promulguée le 24 août dernier. Cette me vise à protéger les mineurs des dangers des réseaux sociaux. Les élèves devront éteindre leurs téléphones et les ranger dans leurs sacs ou casiers, comme l’a expliqué le ministre de l’Éducation nationale, Édouard Geffray.
Cependant, cette décision suscite des réserves au sein de la communauté éducative. Mustafa Ozcelik, vice-président de la Fédération des conseils de parents d’élèves (FCPE), souligne un « paradoxe » dans cette interdiction. Il rappelle que les téléphones sont souvent utilisés pour des tâches pédagogiques, comme la consultation de l’emploi du temps sur des plateformes telles que Pronote. Il déclare : « On transmet des informations aux lycéens concernant leur emploi du temps sur Pronote, pour les devoirs, et d’un autre côté, on interdit l’usage du téléphone. »
Les élèves eux-mêmes expriment des préoccupations similaires. Victorine, une lycéenne dans l’Oise, affirme : « On en a toujours besoin, même en cours, les QCM, on les fait en ligne. » Elle ajoute que sans accès à leurs téléphones, les élèves risquent d’arriver en retard à leurs cours en raison des changements fréquents de salles.
Mustafa Ozcelik critique également l’efficacité de la me, la qualifiant de « pas souhaitable ». Il appelle à une approche basée sur la régulation et l’éducation plutôt que sur l’interdiction. « La bonne solution, c’est un vrai programme éducatif », conclut-il.
L’application concrète de cette me suscite des interrogations. Ozcelik s’inquiète de la complexité des modalités de contrôle, se demandant : « C’est contrôlé par qui ? Dans quelles conditions, avec quels moyens ? »
Les enseignants partagent ces préoccupations. Karine, une enseignante à Paris, explique qu’il sera difficile de faire respecter l’interdiction, car ses élèves « ne vont pas lâcher leur portable comme ça ».
Cette nouvelle réglementation soulève donc des questions sur son impact réel sur le quotidien des élèves et la manière dont elle sera mise en œuvre.
(Source : Franceinfo)


