L’Assemblée vote pour réduire la xposition des Français au cadmium
L’Assemblée nationale a adopté, le 3 juin, une proposition de loi écologiste visant à diminuer l’exposition des Français au cadmium, un métal lourd reconnu pour sa toxicité. Ce texte a été largement soutenu, recueillant 144 voix pour et 22 contre. Les députés de gauche, ainsi que ceux des groupes MoDem, Horizons et Renaissance, ont défendu cette initiative, tandis que l’extrême droite et une députée des Républicains se sont opposées.
La loi prévoit une réduction progressive des taux maximums de cadmium autorisés dans les engrais phosphatés, qui sont utilisés en agriculture et s’accumulent dans les sols et la chaîne alimentaire. À partir de 2027, ces engrais devront contenir au maximum 40 mg/kg de cadmium, puis 20 mg/kg en 2030. Actuellement, la réglementation française autorise jusqu’à 90 mg/kg, alors que l’Union européenne a déjà fixé ce seuil à 60 mg/kg depuis 2022.
Les données de l’Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire, de l’alimentation, de l’environnement et du travail) soulignent l’urgence de la situation : près de la moitié de la population française, ainsi que tous les jeunes enfants de 2 à 3 ans, dépassent les niveaux d’exposition jugés critiques, soit trois à quatre fois plus que dans de nombreux pays européens.
Le cadmium, classé cancérogène depuis 1993, est lié à divers problèmes de santé, notamment des cancers du rein et du poumon, ainsi qu’à des troubles cardiovasculaires. Les autorités sanitaires alertent également sur une augmentation des cancers du pancréas en France, potentiellement liée à cette exposition.
Après le vote, le gouvernement et certains acteurs de l’agriculture ont exprimé des réserves sur la rapidité de la transition, craignant des impacts sur l’approvisionnement en engrais. Néanmoins, les députés écologistes estiment qu’il est impératif d’accélérer cette démarche. Le texte sera prochainement examiné par le Sénat.
(Source : L’Express)