L’art et la culture : des leviers de réinsertion pour les personnes placées sous main de justice
En 1986, le premier protocole interministériel entre les ministères de la Justice et de la Culture a été signé, définissant la politique de participation des personnes placées sous main de justice à la vie culturelle. Ce partenariat, renouvelé depuis près de 40 ans, s’inscrit dans la mission de réinsertion de l’administration pénitentiaire. Le code pénitentiaire impose également une obligation d’activité en détention, incluant l’art et la culture, au même titre que le travail, le sport ou la formation professionnelle.
Qui sont les publics concernés ?
Tous les individus placés sous main de justice ont le droit d’accéder à l’art et à la culture, sous réserve de certaines décisions judiciaires. Cela inclut les mineurs et majeurs, qu’ils soient en milieu fermé ou ouvert, qui peuvent participer à des activités culturelles adaptées à leurs besoins.
Quel cadre pour la pratique culturelle et artistique des personnes sous main de justice ?
Le quatrième protocole, signé en 2022 pour une durée de cinq ans, prévoit la création d’espaces dédiés aux pratiques culturelles au sein des établissements pénitentiaires, la professionnalisation des intervenants et l’excellence des activités proposées. Ce protocole est mis en œuvre à l’échelle territoriale par des conventions entre les services déconcentrés des ministères de la Justice et de la Culture.
Qui met en œuvre la politique culturelle d’un établissement pénitentiaire ?
La direction du service pénitentiaire d’insertion et de probation est responsable de la politique culturelle, en collaboration avec la direction de chaque établissement. Des coordonnateurs d’activités socio-culturelles sont chargés de sa mise en œuvre, en lien avec les personnels pénitentiaires et les enseignants.
Quelles sont les activités proposées ?
Les activités culturelles incluent la danse, le théâtre, la musique, le cinéma, les arts plastiques, ainsi que la lecture et l’écriture. Des initiatives comme le festival Vis-à-Vis permettent aux détenus de créer des spectacles en collaboration avec des professionnels. De plus, le concours Transmurailles, dédié à la bande dessinée, encourage la créativité des détenus à travers des ateliers encadrés.
Le canal vidéo interne : diffuser la culture en détention
En 2022, 98 établissements étaient dotés d’un canal vidéo interne, diffusant des informations juridiques et des programmes culturels. Ce canal permet également à des détenus de participer à la programmation.
Quels sont les liens entre la politique culturelle et l’enseignement en détention ?
L’accès à la culture et à l’enseignement est souvent imbriqué. De nombreux enseignants utilisent l’art pour favoriser l’apprentissage. Bien que le taux d’illettrisme parmi les détenus soit similaire à celui de la population générale (environ 4 %), le taux de personnes en grande difficulté avec l’écrit reste élevé (13 % de la population carcérale).
Quel rôle jouent le livre et la lecture dans la politique culturelle ?
Chaque établissement pénitentiaire possède au moins une bibliothèque, qui joue un rôle central dans la vie des détenus. Selon une enquête de 2024, ces bibliothèques sont essentielles pour maintenir le lien social en détention.
Art et culture : quels bénéfices pour les personnes détenues ?
L’art et la culture favorisent l’expression personnelle et le développement de compétences psycho-sociales, cruciales pour le retour à la vie en société. Ils aident également à maintenir le lien familial, essentiel pour la réinsertion.
Quels sont les débouchés professionnels possibles ?
La politique culturelle vise à ouvrir de nouveaux horizons aux détenus. À Marseille, des formations professionnelles aux métiers de l’image sont proposées, tandis que l’Agence du travail d’intérêt général et de l’insertion professionnelle offre des missions au sein de structures culturelles.
Ces initiatives visent à préparer les détenus à leur réinsertion, en leur offrant des perspectives professionnelles et en contribuant à la lutte contre la récidive.
Source : Ministères de la Justice et de la Culture



