Pourquoi l’armée française commande douze drones supplémentaires pour renforcer la lutte anti-mines

L’armée française commande douze drones supplémentaires pour renforcer la lutte anti-mines

La Direction générale de l’armement (DGA) a annoncé, le 21 juillet dernier, la commande d’une douzaine de drones de surface et sous-marins supplémentaires dans le cadre du programme SLAM-F. Cette initiative vise à renforcer les capacités de la Marine nationale en matière de lutte anti-mines, tout en assurant la protection des approches maritimes métropolitaines.

La menace militaire liée aux mines maritimes est significative. Même quelques mines placées dans des voies de navigation peuvent perturber le trafic maritime et nécessiter des moyens considérables pour leur détection et neutralisation. La France, en particulier, doit surveiller les accès à ses bases navales stratégiques, car une mine dans ces zones pourrait compromettre la disponibilité de ses sous-marins nucléaires lanceurs d’engins (SNLE) ou de son porte-avions, affectant ainsi ses capacités de dissuasion.

Les nouveaux drones, dans le cadre du programme SLAM-F, auront pour mission de détecter, identifier et neutraliser les engins explosifs tout en limitant l’exposition des équipages. Des navires civils seront affrétés pour servir de plateformes porteuses. Le premier bâtiment est prévu pour être opérationnel autour de 2027, sous réserve de confirmation du calendrier. Par ailleurs, la Marine nationale recevra également de nouveaux bâtiments de guerre des mines et des bases pour plongeurs-démineurs.

Ce programme s’inscrit dans une coopération européenne avec le Royaume-Uni pour le développement des drones et avec la Belgique et les Pays-Bas pour les navires porteurs. Ces partenariats visent à renforcer l’interopérabilité tout en préservant l’autonomie stratégique et la maîtrise technologique françaises.

En outre, ces drones seront également déployés le long du littoral français, où l’héritage des deux guerres mondiales laisse plus de cent zones de munitions immergées, menant à des risques pour la pêche, la plaisance, et le développement des infrastructures maritimes. L’impact environnemental de ces munitions est également préoccupant, avec des substances explosives pouvant contaminer les écosystèmes marins.

Ainsi, le renforcement des moyens de lutte anti-mines ne se limite pas à des considérations militaires, mais répond également à des besoins de cartographie, de surveillance environnementale et de sécurisation des activités maritimes.

Source : La Dépêche

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